Contre narcos et immigration
La fermeté de Trump séduit de plus en plus l'Amérique latine

La capture de Nicolas Maduro au Venezuela a marqué un tournant pour Donald Trump en Amérique latine. L'arrestation a abouti à une collaboration inédite avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez au palais de Miraflores à Caracas, au Venezuela, le 11 février 2026.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

La victoire en Colombie du candidat de droite dure Abelardo de la Espriella constitue un nouveau succès pour la politique menée par Donald Trump en Amérique latine, et contraste avec les difficultés qu'il rencontre au Moyen-Orient et en Europe.

Depuis le retour du républicain à la Maison Blanche en janvier 2025, plusieurs pays d'Amérique latine – parmi lesquels l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l'Equateur et le Honduras – ont amorcé ou confirmé un virage conservateur.

La capture de Nicolas Maduro au Venezuela par les forces américaines en début d'année a par ailleurs ouvert la voie à une collaboration inédite entre la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, et l'administration Trump. Et Washington a désormais Cuba en ligne de mire. Les Etats-Unis ont multiplié les sanctions contre leur ennemi idéologique, forçant l'île à adopter des mesures sans précédent en faveur de l'économie de marché.

La situation à Cuba a suscité peu de réactions en Amérique latine, à l'exception du Mexique et du Brésil, les deux derniers bastions de la gauche dans la région. Des contestations ont également émergé en Colombie, où Gustavo Petro s'apprête à quitter ses fonctions. Avocat antisystème, Abelardo de la Espriella «tient le discours que beaucoup à Washington souhaitent entendre: plus de fermeté», affirme à l'AFP Rebecca Bill Chavez, présidente du groupe de réflexion Inter-American Dialogue.

«Une plus grande coopération»

En mars, Donald Trump a fondé avec des dirigeants latino-américains alliés la coalition «Bouclier des Amériques», initiative visant à lutter contre le narcotrafic international. «La Colombie sous (Abelardo) de la Espriella rejoindra certainement» cette alliance, prédit Evan Ellis, du centre de réflexion CSIS.

«Je m'attends en effet à une plus grande coopération de la Colombie contre des groupes désignés comme terroristes dans toute la région», ajoute-t-il auprès de l'AFP. L'un des points de friction du programme américain en Amérique latine réside dans les tensions entre le président équatorien Daniel Noboa et le président colombien Gustavo Petro.

Les deux pays sont engagés depuis des mois dans un conflit ouvert, l'Equateur accusant la Colombie d'échouer à lutter contre le trafic de drogue et l'extraction minière illégale le long de leur frontière commune. «Avec Daniel Noboa, de la Espriella et Washington qui vont tous dans la même direction, les positions politiques n'ont jamais été aussi alignées depuis des années», ajoute Rebecca Bill Chavez.

Lutte contre le narcotrafic

Dans la région, plusieurs gouvernements conservateurs ont par ailleurs pleinement adopté le programme américain de lutte contre le narcotrafic. Ils se sont également inspirés du modèle salvadorien de Nayib Bukele sur la construction de méga-prisons. Le Panama s'apprête ainsi à annoncer une refonte de son système pénitentiaire à la suite d'évasions de détenus et le Honduras envisage d'acheter des drones à l'Ukraine pour mener ses opérations contre le narcotrafic.

Mais ce revirement idéologique n'est pas seulement du fait de Donald Trump. L'Amérique latine a changé de regard sur le crime organisé et l'immigration, comme le montre la récente victoire au Chili du conservateur José Antonio Kast. La solidarité envers Cuba est également en train de s'étioler. Concernant l'île communiste, «la prochaine étape, comme au Venezuela, sera logiquement les démonstrations de force militaire, pouvant déboucher sur une intervention militaire», selon Evan Ellis.

Ces gouvernements latino-américains favorables à la Maison Blanche contrastent avec les difficultés rencontrées par le président américain dans son propre pays à quelques mois d'élections cruciales de mi-mandat. Elles s'accompagnent en outre de frictions récurrentes avec ses alliés européens et de fortes tensions lors des négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.


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