Les élus démocrates au Congrès ont accusé mercredi la ministre de la Justice, Pam Bondi, d'«étouffer» l'affaire Epstein. Cela en ne respectant pas la loi obligeant l'administration Trump à faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
«Vous ne montrez pas beaucoup d'intérêt pour les victimes, Madame la ministre de la Justice, qu'il s'agisse de celles du réseau d'exploitation d'Epstein ou de la violence gouvernementale meurtrière contre des citoyens américains à Minneapolis», a déclaré au début de l'audition de Pam Bondi par la commission judiciaire de la Chambre des représentants Jamie Raskin, principal membre de cette commission.
Il faisait notamment référence à deux manifestants protestant contre la police de l'immigration (ICE) tués en janvier par des policiers fédéraux.
«Du côté des auteurs de crimes»
«Vous êtes du côté des auteurs de crimes et vous ignorez les victimes. Ce sera votre bilan, à moins que vous ne changiez rapidement de cap. Vous dirigez du ministère de la Justice un étouffement massif de l'affaire Epstein», a poursuivi l'élu démocrate.
Sur les «plus de trois millions de pages» du dossier Epstein publiées le 30 janvier par le ministère de la Justice, «vous avez caviardé les noms des exploiteurs et des complices, apparemment pour leur éviter la gêne et le discrédit, ce qui est exactement le contraire de ce que la loi vous a ordonné de faire», a souligné Jamie Raskin.
La ministre a défendu la publication des documents par ses services. «J'ai passé toute ma carrière à me battre pour les victimes et je continuerai à le faire», a-t-elle assuré, se disant «profondément navrée» pour toutes les victimes, en particulier de Jeffrey Epstein, criminel sexuel mort en prison en août 2019 avant son procès pour exploitation sexuelle.
«Pas d'élément nouveau»
La masse de documents publiée le 30 janvier ne contient pas d'élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait prévenu le numéro 2 du ministère de la Justice, Todd Blanche.
L'administration Trump s'est acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès, de faire toute la transparence sur cette affaire, avait affirmé Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.
Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent l'onde de choc des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.