Une commission indépendante
En plein scandale, la Norvège enquête sur l'affaire Epstein

Le Parlement norvégien a décidé de créer une commission d'enquête indépendante pour examiner les liens entre Jeffrey Epstein et des personnalités norvégiennes, dont la princesse Mette-Marit et un ex-Premier ministre, révélés par des documents américains.
Le prince héritier Haakon, la princesse héritière Mette-Marit et la princesse Ingrid Alexandra à Oslo, le 10 décembre 2025.
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

Le Parlement norvégien a convenu mardi de créer une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière sur les liens passés entre le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et plusieurs personnalités du pays, ont rapporté des médias norvégiens.

De la princesse Mette-Marit à un ex-Premier ministre devenu président du comité Nobel, la récente publication aux Etats-Unis de documents dans l'affaire Epstein a mis en lumière des liens beaucoup plus étroits que pressenti entre le financier et des personnalités norvégiennes de premier rang.

«Il est absolument crucial que la confiance dans la diplomatie norvégienne, le milieu politique et la démocratie norvégienne soit préservée», a affirmé Per-Willy Amundsen, chef d'un comité parlementaire chargé de veiller au respect de la Constitution.

«Le degré de gravité de ce qui a été révélé ces dernières semaines est très élevé et jette un nouvel éclairage sur un certain nombre d'événements passés», a-t-il ajouté, cité par la chaîne publique NRK.

«Une corruption aggravée»

Si le principe d'une commission d'enquête indépendante a été adopté, son mandat, sa composition et son calendrier restent à définir. Soutien parlementaire du gouvernement travailliste, le parti écologiste (MDG) plaide pour que cette commission soit présidée par l'ex-juge d'instruction franco-norvégienne Eva Joly.

Selon les documents récemment publiés par le ministère américain de la Justice et décortiqués par les médias norvégiens, la princesse héritière Mette-Marit a notamment échangé des centaines de mails, au ton souvent étonnamment intime, avec le financier entre 2011 et 2014. Celui-ci avait pourtant déjà été condamné en 2008 pour la sollicitation d'une mineure.

«Une erreur de jugement»

La police norvégienne a aussi ouvert des enquêtes pour «corruption aggravée» contre l'ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland et contre une célèbre diplomate, Mona Juul, ainsi que contre l'époux de cette dernière, Terje Rød-Larsen, pour complicité.

En cause: leurs liens avec Epstein à une époque où Thorbjørn Jagland était président du comité Nobel – qui décerne le fameux prix de la paix – et secrétaire général du Conseil de l'Europe, et où Mona Juul travaillait au ministère des Affaires étrangères avant de devenir ambassadrice au Royaume-Uni.

En Suisse, les organisateurs du Forum économique mondial ont de leur côté lancé une enquête interne sur leur patron, le Norvégien Børge Brende, qui a rencontré Epstein plusieurs fois en 2018 et 2019. Après avoir souvent minimisé dans le passé leur degré de proximité avec Epstein, plusieurs des personnalités concernées, notamment la princesse Mette-Marit, ont présenté leurs excuses et admis une «erreur de jugement».

A en croire leurs échanges, certaines d'entre elles ont profité des largesses financières ou matérielles d'Epstein. Selon les médias norvégiens, Jeffrey Epstein a notamment légué une somme de 10 millions de dollars aux deux enfants du couple Juul-Rød-Larsen.


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