Un endroit resté secret durant des années
Le bunker réclamé à cor et à cri par Donald Trump existe déjà sous la Maison Blanche

Trump souhaite dépenser 600 millions de dollars pour un nouveau bunker sous la Maison Blanche. Problème: un abri ultra-sécurisé existe déjà sous le complexe. De quoi sérieusement fragiliser l'argument sécuritaire avancé par le président américain.
Pris de vitesse par la justice, le président Donald Trump cherche à terminer son chantier le plus rapidement possible.
Photo: IMAGO/ABACAPRESS

En bref

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  • Donald Trump supervise depuis un an la construction d'un complexe souterrain sous la Maison Blanche, officiellement justifié comme une infrastructure militaire pour protéger le gouvernement en cas d'attaque. Toutefois, des anciens responsables américains rappellent qu'un bunker hautement sécurisé existe déjà.
  • Le coût du nouveau projet est estimé à 600 millions de dollars, malgré l’existence de l’ancien bunker capable de résister à une explosion nucléaire et d’abriter des dizaines de personnes pendant des semaines.
  • A ce jour, 65% des travaux sont terminés, avec des structures atteignant 21 mètres de profondeur.
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Dimitri FaravelJournaliste Blick

Derrière ce vaste chantier se cache un secret quelque peu embarrassant. Depuis bientôt un an, le président américain Donald Trump fait construire, sous la Maison Blanche, une vaste installation souterraine hautement sécurisée. Elle est présentée par son administration comme un «complexe militaire» destiné notamment à protéger le président et à permettre au gouvernement de continuer à fonctionner en cas d'attaque majeure.

Mais la légitimité de ce projet se heurte à un petit détail. D'après d'anciens responsables américains interrogés par le «Washington Post», un bunker ultra-protégé existe déjà sous la Maison Blanche depuis des années. 

Des millions engloutis pour rien?

Construit dans le plus grand secret, ce bunker se trouve à plus de 18 mètres sous la Maison Blanche. Il serait capable d'accueillir des dizaines de personnes pendant plusieurs semaines et de résister à une potentielle explosion nucléaire. Ses caractéristiques exactes restent encore aujourd'hui secrètes, afin de ne pas compromettre la sécurité du président.

Pour les anciens responsables interrogés par le journal américain, l'existence même de cette installation enterre l'argument sécuritaire avancé par l'administration Trump devant la justice pour justifier ce chantier, évalué à 600 millions de dollars.

Plusieurs responsables de la sécurité nationale affirment cependant que la partie souterraine du projet est indispensable pour garantir la continuité du gouvernement en cas d'attaque contre Washington. Le chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, estime notamment que l'installation permettra au président et aux principaux responsables de la sécurité nationale de continuer à travailler depuis un site protégé en cas d'attaque contre le pays.

De son côté, le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, affirme que cette construction est nécessaire pour faire face à la menace croissante des drones militaires. Selon lui, l'installation souterraine doit garantir au président la capacité de commander le pays pendant une crise majeure.

Les conséquences du 11-Septembre

Les anciens responsables interrogés par le «Washington Post» rappellent que les mêmes arguments avaient déjà été avancés il y a une vingtaine d'années pour construire le bunker existant. Avant le 11 septembre 2001, la principale installation d'urgence de la Maison Blanche était le Presidential Emergency Operations Center (PEOC), un bunker situé sous l'aile Est et construit pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est notamment là que le vice-président Dick Cheney et la Première dame Laura Bush avaient été conduits lors des attentats du 11-Septembre.

Après ces évènements, la Maison Blanche a commencé à construire une installation beaucoup plus protégée. Achevé sous Barack Obama, ce bunker disposerait notamment de réserves de nourriture pour plusieurs mois et d'un système autonome de circulation de l'air.

Une course contre la montre

Quoi qu'il en soit, Donald Trump cherche à achever son chantier le plus vite possible, avant que la justice ne le rattrape. En effet, le juge fédéral Richard Leon, puis une cour d'appel, avaient ordonné la suspension des travaux au mois de mars, estimant que le Congrès devait d'abord donner son aval. 

Vendredi dernier cependant, le président de la Cour suprême, John Roberts, a autorisé temporairement la poursuite du chantier. Selon l'administration Trump, les travaux sont aujourd'hui réalisés à environ 65%. Le projet s'enfonce sur cinq niveaux sous terre et atteint déjà 21 mètres de profondeur à certains endroits. L'administration affirme également que les matériaux utilisés, notamment le béton et l'acier, sont conçus pour résister aux bombes, aux roquettes, aux missiles et, bien évidemment, aux explosions nucléaires.

Autre paradoxe relevé par les anciens responsables américains: en démolissant l'aile Est et en révélant au grand jour des installations auparavant secrètes, l'administration Trump pourrait elle-même avoir créé de nouveaux risques pour la sécurité nationale. Selon eux, l'ancien PEOC, situé à environ six mètres sous l'aile Est, aurait pu être endommagé, voire même détruit durant les travaux.

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