Trois morts liés au hantavirus
Le chef de l'OMS «ne pense pas» que la situation soit similaire au début de la pandémie de Covid-19

Un hantavirus a causé le décès de trois passagers lors d'une croisière dans l'Atlantique entre le 11 avril et le 2 mai. Alors qu'un Suisse est hospitalisé à Zurich, l'incertitude plane sur l'origine de cette infection transmissible entre humains et sur son ampleur.
15:49 heures

Le chef de l'OMS «ne pense pas» que la situation soit similaire au début de la pandémie de Covid-19

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a indiqué mercredi à l'AFP qu'il «ne pense pas» que la situation née de l'apparition d'un foyer d'hantavirus sur un bateau de croisière était similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19.

Photo: keystone-sda.ch

Interrogé par l'AFP à Genève sur le niveau d'urgence de ce foyer apparemment né à bord du HV Hondius dans l'Atlantique, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dit qu'il «ne pense pas» que celui-ci soit similaire à celui des débuts de la pandémie de Covid-19. «Pour l'instant, le risque pour le reste du monde est faible», a-t-il ajouté.

15:48 heures

Deux avions médicalisés évacuant les cas suspects décollent du Cap-Vert

Deux avions médicalisés transportant des patients évacués d'un navire de croisière suspecté d'être un foyer d'hantavirus ont décollé de l'aéroport de Praia au Cap-Vert pour être transférés vers les Pays-Bas, a constaté un journaliste de l'AFP.

Trois personnes «dans un état stable» avaient été évacuées du bateau plus tôt dans la matinée, – deux membres d'équipage malades et une personne cas contact asymptomatique –, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon le site Flightradar24, un premier avion a décollé en direction d'Amsterdam où il devrait arriver vers 19h30 (heure locale, 17h30 GMT). Aucune destination n'était précisée sur le site internet pour le deuxième avion.

Le MV Hondius, qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert, au large de la côte ouest-africaine avec quelque 150 personnes à bord, attendait après cette évacuation de mettre le cap vers Tenerife dans l'archipel des Canaries, où il doit accoster dans les prochains jours, selon les autorités espagnoles.

Source: AFP

Fin du Live

De nombreuses zones d'ombre subsistent autour du foyer d'hantavirus qui a fait trois morts parmi les passagers ayant voyagé à bord du navire immobilisé en face du port de la capitale cap-verdienne, dans l'Atlantique, et dont l'armateur à demandé mercredi à accoster à Tenerife.

Si plusieurs cas ont été identifiés parmi les passagers et l'équipage, l'origine exacte de la contamination et les conditions de sa propagation restent à ce stade incertaines, tout comme l'ampleur réelle de l'épisode.

Voici ce que l'on sait sur le foyer d'infection à hantavirus survenu lors d'une croisière à bord du MV Hondius, navire du croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert.

Qui sont les victimes?

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état de trois morts, un couple de Néerlandais et une Allemande.

C'est un passager néerlandais de 70 ans qui a le premier présenté des symptômes (fièvre, maux de tête et légère diarrhée), le 6 avril, selon l'OMS. Il est décédé le 11 avril à bord du navire. Aucun test microbiologique n'avait alors été effectué sur cet homme.

Des agents de santé évacuent des patients du navire de croisière MV Hondius vers une ambulance dans un port de Praia, au Cap-Vert, le mercredi 6 mai 2026.
Photo: keystone-sda.ch

Le 24 avril, son corps a été débarqué à Sainte-Hélène (Royaume-Uni), avec son épouse, une Néerlandaise de 69 ans. Cette dernière, après avoir à son tour présenté des symptômes, a embarqué le 25 avril par avion pour Johannesburg où elle a été hospitalisée et est décédée le lendemain.

Son infection à l'hantavirus a été confirmée le 4 mai. C'est à ce stade le seul cas confirmé d'hantavirus parmi les trois personnes décédées.

Le 2 mai, une ressortissante allemande est décédée à bord, après de premiers symptômes (fièvre et malaise général) le 28 avril.

Qui sont les malades?

Mercredi à la mi-journée, l'OMS recensait «8 cas, dont 3 confirmés» par des tests. Soit trois décès (dont la passagère néerlandaise dont l'infection a été confirmée par un test) et cinq autres cas (dont deux confirmés par des tests).

Une infection à hantavirus a été confirmée la première fois, au cours de cette expédition, chez un passager britannique de 69 ans.

Il avait consulté le médecin de bord le 24 avril, avant d'être débarqué le 27 avril sur l'Île de l'Ascension (Royaume-Uni) et transféré à Johannesburg. Il se trouvait lundi "dans un état critique mais stable", selon Oceanwide Expeditions.

Un autre passager du bateau, hospitalisé à Zurich, a également été testé positif au hantavirus le 5 mai, selon les autorités suisses mercredi. Le ministère suisse de la Santé a précisé qu'il était «rentré en Suisse depuis Sainte-Hélène», où le bateau avait fait escale entre les 22 et 24 avril, selon les données de suivi maritime de Marine Traffic.

Son épouse, qui «ne présente jusqu'ici aucun symptôme (...) s'est placée en isolement pour des raisons de sécurité», a expliqué le ministère suisse. Les deux époux sont suisses, selon les autorités du pays.

Trois autres cas suspects ont été débarqués mercredi du MV Hondius au Cap-Vert: deux membres d'équipage britannique et néerlandais, malades, et une personne cas contact, asymptomatique. Ils «sont en route pour recevoir des soins médicaux aux Pays-Bas», selon le directeur général de l'OMS.

Le patient asymptomatique sera hospitalisé en Allemagne, ont ensuite précisé les pompiers allemands.

Transmission interhumaine

Le hantavirus "des Andes", transmissible entre humains, a été détecté sur deux des personnes testées: sur un des passagers évacués en Afrique du Sud, selon le ministre sud-africain de la Santé, et sur le malade de Zurich, selon un test effectué par les Hôpitaux universitaires de Genève. Il s'agit de la seule souche pour laquelle une transmission interhumaine est documentée.

Les hantavirus se transmettent à l'être humain par l'intermédiaire de rongeurs sauvages infectés (souris, rats...) qui excrètent le virus par la salive, l'urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l'inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.

Une telle infection peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Selon le directeur général de l'OMS mercredi, «à ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible».

Cas contacts

Des efforts sont en cours pour rechercher d'éventuels cas contacts avec les personnes infectées. En particulier, hors du navire, les voyageurs à bord du vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg emprunté par la Néerlandaise de 69 ans qui, depuis, est décédée.

Ce vol opéré par la compagnie sud-africaine Airlink le 25 avril comptait 82 passagers et six membres d'équipage à bord, selon une représentante de la compagnie.

D'autres personnes sont aussi recherchées, a précisé le ministre sud-africain de la Santé mercredi, comme celles «qui se trouvaient à l'aéroport (de Johannesburg) avant que cette dame ne fasse son malaise» ainsi que le «personnel de santé de Kempton Park», l'hôpital où elle a été traitée jusqu'à son décès.

Quant au Britannique de 69 ans actuellement hospitalisé à Johannesburg, il n'avait pas été évacué par un vol commercial mais «des professionnels de santé ont également été en contact avec lui», a indiqué le ministre: «Au total, 62 personnes auraient pu entrer en contact avec ces personnes, 42 d'entre elles ont déjà été retrouvées et sont actuellement sous surveillance».

L'expédition

Le navire voyageait avec 147 personnes – 88 passagers et 59 membres d'équipage – de 23 nationalités, a indiqué l'OMS mardi.

Parmi les passagers, les plus nombreux sont les Britanniques (19), les Américains (17) et les Espagnols (13), selon l'opérateur. Il y a également, entre autres, cinq Français.

Au sein de l'équipage, les nationalités les plus représentées sont les Philippins (38) et les Ukrainiens (5).

Selon l'OMS, l'expédition a quitté Ushuaïa le 1er avril pour une traversée de l'Atlantique Sud, avec plusieurs escales dans des régions reculées, notamment dans l'Antarctique.

Il s'est rendu dans les îles Géorgie du Sud et Sandwich du Sud (5 au 7 avril), puis dans les îles Tristan da Cunha, Inaccessible et Nightingale (13 au 16 avril), selon les données de suivi maritime de MarineTraffic. Il a fait le tour de l'île Gough le 17 avril, avant de rejoindre l'île Sainte-Hélène le 22 avril, jusqu'au 24 avril.

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