Autonomie électrique
Les hybrides rechargeables consomment plus que prévu

Les hybrides rechargeables consomment souvent plus que prévu, selon une étude de l'Empa publiée le 16 juillet 2026. Une recharge irrégulière et des basses températures augmentent leur usage de carburant et leurs émissions.
L’Empa pointe la surconsommation réelle des voitures hybrides. (image d'illustration)
Photo: IMAGO/Arnulf Hettrich
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AFP Agence France-Presse

Les véhicules hybrides rechargeables consomment souvent davantage d'électricité et de carburant que ne le laissent entendre les chiffres officiels, révèlent des travaux publiés jeudi par l'Empa. La fréquence de recharge, le style de conduite et les caractéristiques du véhicule, notamment son poids, jouent un rôle déterminant.

Conçus pour faciliter la transition vers la mobilité électrique, les hybrides rechargeables permettent de parcourir de courtes distances en mode 100% électrique, tout en disposant d'un moteur thermique pour les trajets plus longs. Mais la part réellement effectuée en mode électrique dépend fortement de l'utilisation du véhicule, et surtout de la régularité avec laquelle il est rechargé, montrent les études menées par l'Empa, le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche, avec le soutien de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

«Si le propriétaire d'un hybride rechargeable ne recharge pas régulièrement sa voiture, il conduit en réalité un véhicule thermique plus lourd», explique Miriam Elser, auteure de l'étude. En raison du poids supplémentaire de la batterie et du moteur électrique, la consommation peut même dépasser celle d'une voiture à essence conventionnelle comparable.

Autonomie électrique possiblement réduite

Jusqu'ici, les connaissances sur la consommation réelle des hybrides rechargeables reposaient principalement sur les données collectées directement par les véhicules dans le cadre du système européen On-Board Fuel Consumption Monitoring (OBFCM), obligatoire depuis plusieurs années. Celles-ci montrent déjà que la consommation réelle de carburant est nettement supérieure aux valeurs d'homologation.

Ces données permettent certes de constater que la consommation est plus élevée qu'annoncé, mais pas d'en comprendre les raisons, souligne Miriam Elser. Elles ne tiennent généralement pas compte de paramètres tels que la température extérieure, l'utilisation du chauffage ou encore le style de conduite. Ces facteurs ne sont pas non plus couverts par les procédures d'homologation standardisées.

Afin de combler cette lacune, les chercheurs de l'Empa ont soumis douze modèles récents d'hybrides rechargeables à des essais sur banc à rouleaux en laboratoire. Ils ont mesuré l'autonomie en mode électrique, la consommation d'électricité et de carburant, ainsi que les émissions de CO2 et de polluants à différentes températures extérieures.

Les résultats mettent en évidence un constat sans équivoque. Dans des conditions idéales, les hybrides rechargeables parcourent de longues distances en mode électrique et affichent de faibles émissions. En revanche, dans des conditions d'utilisation plus proches de la réalité, cet avantage en matière d'efficacité peut largement disparaître.

Les basses températures, l'utilisation du chauffage et une conduite dynamique réduisent sensiblement l'autonomie électrique. Le moteur thermique se met alors en marche plus tôt et plus souvent, entraînant une hausse parfois importante de la consommation de carburant ainsi que des émissions de CO2 et de polluants.

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