La diplomatie suisse connaît des hauts et des bas au Moyen-Orient. Le retrait des troupes israéliennes du Liban doit d'abord être testé dans des «zones pilotes». Selon des sources diplomatiques européennes, la Suisse aurait pu jouer un rôle important dans ce processus il y a plusieurs mois. Mais cela ne s'est pas produit: c'est finalement l'Italie qui a reçu le mandat de médiateur entre les parties belligérantes.
Toutefois, la Suisse n'est pas complètement hors jeu. La Norvège, longtemps considérée comme la principale concurrente de la Suisse en matière de «bons offices», a adopté une position plus critique à l'égard d'Israël et ne peut donc plus prétendre au rôle de médiateur neutre. Alors, d'après les informations de Blick, Berne s'active en coulisses pour jouer un rôle plus important dans la surveillance des zones pilotes, apparemment en collaboration avec l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Indonésie, comme le rapportent plusieurs médias étrangers.
L'ambassadrice ne veut pas aller à Ramallah
Si l'on en croit le conseiller fédéral Ignazio Cassis, un «quatuor suisse pour le Moyen-Orient» devrait voir le jour. Il serait composé de la cheffe de division Monika Schmutz Kirgöz, de l'ambassadeur spécial Wolfgang Amadeus Brülhart et de l'ambassadeur en Israël Simon Geissbühler. Mais un problème subsiste: l'identité du quatrième membre reste en suspens depuis des mois.
Selon des informations provenant du Parlement, l'ambassadrice de Suisse à Riyad, Yasmine Chatila Zwahlen, refuserait d'être mutée à Ramallah, alors même qu'il s'agit de l'un des postes les plus passionnants du DFAE. Les raisons de ce refus restent inconnues. Certains avancent que Ramallah ne lui offrirait pas suffisamment de prestige: la Suisse ne reconnaissant pas la Palestine, elle ne pourrait y porter le titre d'«ambassadrice», mais uniquement celui de «représentante permanente». Elle dirigerait pourtant une représentation qui, contrairement à beaucoup d'autres, est constamment sous les feux de la rampe.
Se tourner les pouces à Tunis
Selon certaines sources, Ignazio Cassis aurait tenté, lors d'un entretien d'une heure, de convaincre Chatila Zwahlen de rejoindre Ramallah. Née à Beyrouth, au Liban, elle parle arabe et bénéficie, grâce à ses origines familiales suisses et libanaises, d'une grande crédibilité auprès des Palestiniens. Le cadre de vie y serait par ailleurs meilleur que beaucoup ne l'imaginent. On vit bien à Jérusalem-Est et à Ramallah.
Selon certaines sources, Chatila Zwahlen préférerait toutefois un poste d'ambassadrice à Tunis, en Tunisie, plutôt qu'une fonction politique de premier plan. L'une de ses principales tâches consisterait à répondre aux questions du Secrétariat d'Etat aux migrations ou conclure un accord sur le transport aérien.
Le salaire? Plus de 250'000 francs
Au DFAE, deux visions s'affrontent dans l'affaire de Ramallah. Certains estiment que la «diva diplomatique» devrait se sentir flattée d'être considérée par Ignazio Cassis comme la meilleure candidate et accepter le poste. D'autres jugent au contraire qu'il n'est pas logique de nommer une diplomate à une fonction importante contre sa volonté.
Une chose est sûre: le conseiller fédéral Ignazio Cassis est agacé par les diplomates qui gagnent très bien leur vie à l'étranger, avec plus de 250'000 francs par an, et bénéficient de chauffeurs, de cuisiniers et de personnel de service, mais refusent de se plier à la discipline des mutations. Le cas de Chatila Zwahlen n'est d'ailleurs pas isolé.
Quitter l'Inde avant l'heure
Guillaume Scheurer, actuel ambassadeur de Suisse à Ankara, a aussi fait parler de lui. Selon certaines informations, il devait au départ prendre la tête du département de la paix et des droits de l'Homme, doté d'un budget important grâce auquel la Suisse peut influencer la politique mondiale, notamment au Mozambique. Mais Guillaume Scheurer s'est défendu bec et ongles pour pouvoir partir à Ankara. Ignazio Cassis a finalement cédé.
L'incompréhension règne également au DFAE autour de la décision de l'ambassadrice à New Delhi, Maya Tissafi, de jeter l'éponge après seulement trois ans et demander une nouvelle affectation. L'Inde joue pourtant un rôle géopolitique important entre la Russie et la Chine, tandis que son économie est en plein essor. Apparemment, le DFAE regorge de divas qui, au fil de leur carrière, en viennent à oublier qu'elles peuvent être affectées à tout moment n'importe où dans le monde.