Les Etats-Unis ont exprimé lundi leur vive inquiétude face aux «indications alarmantes selon lesquelles des atrocités de masse pourraient être imminentes» à El-Obeid, grande ville du Soudan où l'ONU craint également une attaque des paramilitaires. Dans un communiqué, le département d'Etat a exhorté les belligérants à «cesser toute action susceptible de mettre en danger les civils, d'entraver l'aide humanitaire ou de contribuer à de nouvelles atrocités».
Le Conseil de sécurité de l'ONU avait déjà fait état samedi de sa profonde inquiétude au moment où d'«importants renforts militaires» se réunissaient autour de la ville. El-Obeid, dans la région du Kordofan, fait l'objet depuis plusieurs mois d'un siège des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l'armée régulière depuis avril 2023.
Actes de «génocide»
La semaine dernière, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Soudan avait appelé le chef des FSR, le général Mohamed Hamdane Daglo, pour lui demander de ne pas attaquer El-Obeid, et avait «souligné le besoin urgent de désamorcer la situation». «Nous ne devons pas permettre que les horreurs d'El-Facher se répètent à El-Obeid», a insisté le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.
Les FSR sont accusées d'avoir commis de multiples exactions lors de la prise en octobre d'El-Facher, dernière grande ville du Darfour qui leur résistait encore. En février, une mission d'enquête de l'ONU a même fait état d'actes de «génocide». Depuis la prise de cette ville, les combats se sont intensifié notamment dans la région du Kordofan, front crucial reliant les bastions des FSR au Darfour aux zones contrôlées par l'armée dans l'est du Soudan.