Les Iraniens s'inquiètent mardi des conséquences des nouvelles sanctions décidées par Washington, qui a juré «d'asphyxier économiquement» l'Iran, où les files d'attente s'allongent sensiblement devant les stations-service. De son côté, la Chine a prévenu mardi qu'elle défendrait «fermement» ses intérêts.
Dans l'expectative, de nombreux automobilistes et motards se pressent mardi dans les stations services de Téhéran. «Naturellement, les sanctions affectent la vie des gens, les gens souffrent», qu'ils soient «financièrement à l'aise» ou «démunis», témoigne Mehdi Yazdian, un agent immobilier interrogé par l'AFP dans le nord de la capitale iranienne.
Mais «notre peuple est résistant. Ces sanctions durent depuis 47 ans», ajoute l'homme de 55 ans. «Nous, les Iraniens, n'avons pas peur de la guerre, mais je pense que cette guerre sera davantage économique et qu'elle fera ressentir une forte pression à la population, et peut-être qu'il y aura de nouveau des manifestations», affirme Kia Farahani, professeur d'anglais de 45 ans.
Téhéran refuse de plier
Donald Trump a déclaré mardi qu'il fallait «mettre fin immédiatement» aux exécutions de manifestants, qu'il a qualifiées de «crise humanitaire aux proportions gigantesques». Le nombre des exécutions, notamment en lien avec le mouvement de contestation, a augmenté en Iran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre Téhéran.
De leur côté, les autorités iraniennes affichent leur détermination à ne pas plier, réclamant pour tout règlement que Washington respecte les termes du protocole d'accord conclu mi-juin, qui a depuis volé en éclats. «Les Américains savent que personne ne croit à leurs rodomontades», a affirmé lundi soir sur X le négociateur en chef iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.
«Les Etats-Unis ne sont pas dans une situation économique qui leur permette de restreindre davantage leurs relations avec les autres pays. Les partenaires commerciaux de l'Iran nous ont indiqué (...) qu'ils ne prennent absolument pas ces déclarations au sérieux», a-t-il assuré.
Pékin s'en mêle
Partenaire stratégique et économique primordial de la République islamique, la Chine a de son côté prévenu mardi qu'elle défendrait «fermement» ses intérêts, après l'annonce des Etats-Unis. Ces derniers ont aussi menacé d'isolement les pays qui continueraient à soutenir Téhéran.
«Les pressions maximales exercées dans le cadre d'une guerre économique ne règlent en rien les problèmes. Elles ne font qu'attiser les tensions et les conflits, provoquer des effets de contagion, déstabiliser l'ordre économique et financier mondial, et porter atteinte aux droits et intérêts légitimes des autres pays», a réagi mardi Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. «La Chine prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et ses intérêts», a-t-il souligné.