Depuis la fin du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, le détroit d’Ormuz est redevenu l’un des endroits les plus dangereux de la planète. Ce lundi 13 juillet, des explosions à proximité du détroit ont été signalées, selon un média iranien.
Pourtant, la situation y est presque calme si on la compare au chaos qui règne dans le détroit de Kertch. Cette bande de mer, large d'à peine quatre kilomètres, sépare la Crimée occupée de la péninsule russe de Taman. C’est là que se joue le nouveau volet de la guerre navale menée par l’Ukraine. Intégrée à la campagne «Eteindre la Crimée», cette stratégie de Kiev vise à isoler totalement la péninsule pour la rendre inhabitable pour les occupants russes. Avec un succès croissant.
En une seule semaine, l’Ukraine a ainsi coulé pas moins de 104 pétroliers et navires qui tentaient d’exporter du brut russe ou de ramener du carburant étranger vers la Russie. Selon l’analyste néerlandais Marijn Markus, ces frappes ont été chirurgicales: les navires ont été immobilisés, mais sans provoquer la moindre marée noire.
Depuis vendredi soir, la Russie n'accorde plus d'autorisations de passage aux navires de transport. Selon l'Institut américain d'études de guerre (ISW), le nombre de cargos dans la mer d'Azov, reliée à la mer Noire par le détroit de Kertch, a diminué de plus de moitié depuis le début du mois.
Le revirement de Trump vis-à-vis de Poutine
La peur de nouvelles attaques ukrainiennes paralyse le secteur. C’est le cas notamment chez les armateurs indiens, qui s’appêtaient à livrer une cargaison de 50'000 tonnes de carburant à une Russie en pleine pénurie d’essence. Selon des sources ukrainiennes, New Delhi a même tenté de négocier discrètement par les canaux diplomatiques, demandant à Kiev d'épargner le cargo indien au motif qu'il s'agirait d'une «livraison humanitaire». L'argument avancé? Sans ce carburant, l'agriculture russe risquerait de s’effondrer, menaçant le pays de famine.
Pourtant, personne ne meurt de faim en Russie. En revanche, la situation aux pompes à essence devient critique. Selon Reuters, Moscou ne peut plus couvrir que près des deux tiers de ses besoins en essence. Les importations d’essence, dont la Russie, géant du pétrole et du gaz, ne peut plus se passer après des mois d’attaques ukrainiennes contre ses raffineries, sont menacées par les attaques intensives contre les pétroliers.
78 des 83 régions russes font état d’une pénurie d’essence et ont, pour certaines, rationné le ravitaillement. La Russie a interdit les exportations de diesel au moins jusqu’à fin juillet. Les prix à la pompe ont grimpé de 7% rien qu’en juin. 2026 est une année extrêmement difficile pour les producteurs de carburant dans le vaste empire de Vladimir Poutine.
Si la situation empire pour Moscou, c’est aussi parce que Donald Trump a désormais validé la stratégie ukrainienne. Le président américain ne se contente pas de fournir à Kiev les kits de montage pour les missiles antiaériens Patriot, mais approuve désormais également les frappes ukrainiennes visant l’arrière-pays russe. Trump semble avoir pris conscience que tout nouveau rapprochement avec Poutine ne ferait que prolonger la guerre. Au lieu de cela, il exerce désormais une pression massive via l’Ukraine pour amener le chef du Kremlin à la table des négociations.
Mort soudaine d’un partisan américain de l’Ukraine
La pression va encore s’intensifier dès que les Etats-Unis adopteront un nouveau projet de loi, actuellement en cours d’examen, qui infligera des amendes colossales aux acheteurs étrangers de pétrole russe. Ce projet de loi bénéficie du soutien des deux partis américains ainsi que de celui de la Maison Blanche.
Son adoption ne devrait être qu'une question de jours, accélérée par un triste événement. Le sénateur républicain Lindsey Graham, coauteur de la loi et fervent défenseur du texte auprès de son ami Donald Trump, est décédé subitement samedi. Le drame est survenu quelques heures seulement après son retour d'Ukraine, qui marquait sa dixième visite dans le pays depuis le début de la guerre.
Vendredi encore, l'élu de 71 ans avait rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev. Peu après, dans l’un de ses tout derniers messages sur X, Lindsey Graham avait une nouvelle fois fait l’éloge de cette loi stricte contre la Russie. Trump, doté d’une capacité aigüe à se saisir des moments dramatiques, ne devrait pas manquer cette occasion et approuver sans hésiter ces nouvelles sanctions radicales – en l’honneur de son ami défunt.