Rejet unanime
Macron annonce que la France votera «contre» l'accord UE-Mercosur

Le 8 janvier 2026, Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre l'accord UE-Mercosur, dénonçant un «rejet politique unanime» et un traité «d'un autre âge» menaçant les agriculteurs et la souveraineté alimentaire.
Emmanuel Macron a annoncé que la France allait rejeter l'accord du Mercosur.
Photo: IMAGO/Bestimage
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AFP Agence France-Presse

Emmanuel Macron a annoncé jeudi que la France voterait «contre la signature de l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur», invoquant un «rejet politique unanime». Malgré des «avancées incontestables» dont «il faut donner acte à la Commission européenne», «le constat doit être dressé d'un rejet politique unanime de l'accord, comme l'ont clairement montré les récents débats à l'Assemblée nationale et au Sénat», a dit le chef de l'Etat dans un communiqué.

«L'étape de la signature de l'accord ne constitue pas la fin de l'histoire. Je continuerai de me battre pour la pleine mise en oeuvre concrète des engagements obtenus de la Commission européenne et pour protéger nos agriculteurs», a-t-il assuré.

«Un accord d'un autre âge»

Cette décision s'ajoute à l'opposition de l'Irlande, de la Pologne ou de la Hongrie, mais ne devrait cependant pas empêcher la Commission européenne d'obtenir le feu vert d'une majorité d'Etats membres lors de ce vote à la majorité qualifiée vendredi à Bruxelles.

Selon Emmanuel Macron, confronté aussi à la pression des agriculteurs qui manifestaient jeudi dans Paris, «la France est favorable au commerce international, mais l'accord UE-Mercosur est un accord d'un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes».

Des avancées

«Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l'accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l'UE à l'horizon 2040 selon la Commission). Il ne justifie pas d'exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire», a-t-il estimé.

Il a toutefois salué les «avancées» obtenues auprès de Bruxelles: «une clause de sauvegarde spécifique», sorte de «frein d'urgence» sur les importations agricoles des pays latino-américains du Mercosur en cas de déstabilisations de marché en Europe, mais aussi des «mesures de réciprocité sur les conditions de production», et des «contrôles» renforcés.

«Plusieurs de ces progrès doivent encore être finalisés, la France y veillera», a dit le chef de l'Etat. Il s'est aussi félicité d'autres «engagements majeurs de la Commission européenne», sur le montant du budget futur de la Politique agricole commune (PAC) et sur les prix des engrais.

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