Le texte est jugé insuffisant
Le futur traité sur le plastique indigne les scientifiques

Un traité contre la pollution plastique, attendu depuis l’échec des négociations en août 2025, est jugé insuffisant par des scientifiques. Le projet, publié ce week-end, divise les 185 pays entre restrictions et gestion des déchets.
Ahmed Akif Ali, du groupe Ripple, brandit une bouteille en plastique aux Maldives, le 27 juin 2026. (Image d'illustration)
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

La nouvelle esquisse d'un traité sur la pollution plastique, projet des Nations Unies qui peine à voir le jour, est critiquée depuis sa discrète publication ce week-end, des experts scientifiques pointant son manque d'ambition.

Ce document est le premier rendu public depuis l'échec des négociations en août 2025 et fait suite à des négociations informelles menées à Nairobi, au Kenya, du 30 juin au 3 juillet. Alors qu'il ressemble à un nouveau projet de texte, le président des négociations Julio Cordano a précisé, dans une note accompagnant le texte, qu'il s'agissait «d'un document de référence informel qui ne constitue pas un texte négocié ni agréé».

Le texte adopte une «approche équilibrée», les sujets sur lesquels «les points de vue restent divergents», a assuré le diplomate chilien. En revanche, pour le biologiste marin britannique Richard Thompson, expert de la pollution plastique, cette nouvelle version est similaire au projet de texte rejeté en 2025, voire «légèrement plus faible», a-t-il déclaré à l'AFP.

Il n'y a «aucun intérêt (...) à se mettre d'accord sur quelque chose de trop faible pour être efficace», a critiqué le chercheur à l'université de Plymouth, qui a participé aux négociations en tant qu'observateur scientifique indépendant.

Des mesures ambitieuses et contraignantes

«Le texte coupe à la racine l'effort juridique international visant à lutter contre la pollution plastique, livrant un texte qui trahit non seulement les générations futures, mais aussi les générations actuelles», a tancé dans un communiqué lundi David Azoulay, directeur du programme de santé environnementale au sein du groupe de réflexion CIEL.

Depuis une résolution votée en mars 2022 visant à préparer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution par le plastique, notamment en milieu marin, les négociateurs de 185 pays peinent à trouver un terrain d'entente entre deux grands blocs.

Une majorité de pays réclament des mesures ambitieuses et juridiquement contraignantes pour limiter la production de plastique par l'humanité, qui devrait tripler d'ici 2060. Mais un bloc plus restreint, composé principalement d'Etats producteurs de pétrole – notamment l'Arabie saoudite, le Koweït et la Russie – s'oppose à de telles restrictions, cherchant à recentrer les discussions sur la gestion des déchets.

Les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole et grand consommateur de plastique, étaient également opposés au projet de traité en août 2025. De nouvelles discussions informelles préparatoires se tiendront du 27 au 30 septembre à Bangkok, en Thaïlande, avant celles, officielles, prévues en mars 2027 par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

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