Face à la crise énergétique
Les réserves stratégiques mondiales de pétrole fondent à vue d’œil

Face aux perturbations du marché pétrolier, les pays de l’AIE ont déjà libéré 325 millions de barils de leurs réserves d’urgence depuis mars. Une nouvelle mobilisation de 100 millions de barils est prévue.
Dans les stations-service, les prix des carburants restent élevés.
Photo: NICOLAS TUCAT
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AFP Agence France-Presse

L'Agence internationale de l'énergie a indiqué samedi que près d'un sixième des réserves stratégiques de pétrole des États membres avaient été écoulées depuis le mois de mars, lorsque l'AIE a décidé de piocher dans ces stocks. Quelque 325 millions de barils de réserves stratégiques de pétrole et de produits pétroliers ont été libérés à ce jour, sur les 400 millions promis par les 32 pays de l'AIE en mars, a annoncé samedi l'Agence internationale de l'énergie.

«325 millions de barils»

La veille, le G7 avait annoncé «une libération coordonnée, par l'AIE, de 100 millions de barils, qui commencera immédiatement», sans préciser dans son communiqué si ces 100 millions de barils comprenaient les 75 millions restant prévus par l'engagement pris le 11 mars, ou s'ils portaient un engagement total à 500 millions de barils. Selon l'AIE samedi dans un communiqué, «environ 325 millions de barils de l'action collective de l'AIE annoncée le 11 mars ont été libérés jusqu'ici, ce qui représente 80% des 400 millions de barils promis à l'origine».

Le 11 mars, elle précisait que ses 32 États membres - dont les pays du G7 - détenaient des «stocks d'urgence» de «plus de 1,2 milliard de barils, avec en supplément 600 millions de barils de stocks conservés par l'industrie par obligation gouvernementale». Les stocks libérés représentent donc 18% de ce total. Ces stocks sont prévus depuis 1974, l'année qui avait suivi le choc pétrolier déclenché par la guerre du Kippour, dans le but de contrer les tensions subites sur l'offre.

Entre le 11 mars et le 21 juillet, les stocks libérés ont représenté 290 millions de barils. S'y sont donc ajoutés seulement 35 millions de barils entre fin juillet et début octobre. Deux facteurs compliquent l'approvisionnement en hydrocarbures des pays du G7. D'une part, les exportations des pays du Golfe sont perturbées par le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran, attaqué par les États-Unis et Israël. D'autre part, les infrastructures énergétiques en Russie sont des cibles pour l'Ukraine, qui espère déstabiliser l'armée russe menant la guerre sur son territoire.

Élections aux Etats-Unis

Si les raffineries ailleurs dans le monde tournent à plein régime, les prix des carburants ont fortement augmenté partout, y compris aux États-Unis, exportateurs nets de pétrole comme de produits pétroliers. Washington a alimenté les tensions en expliquant que l'Union européenne, dont la moitié du diesel provient des États-Unis, pourrait en faire plus pour faire redescendre la pression.

Jeudi, la presse américaine avait affirmé que l'administration de Donald Trump envisageait d'interdire ces exportations vers l'Europe. Dès le lendemain, Donald Trump expliquait que «ça n'a jamais vraiment été sur la table», et se félicitait des annonces du G7. L'engagement pris est de 100 millions de barils «sur une période de quatre mois» (donc jusqu'à fin janvier), à un rythme accéléré au départ. Est prévue en effet «une libération significative dans les 20 premiers jours de diesel par les États membres et les pays partenaires du G7».

Le calendrier correspond à la campagne des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis, prévues le 3 novembre. Le débat politique dans ce pays ne cesse de tourner autour de la hausse des prix à la pompe et de l'inflation plus généralement, qui a rendu l'opinion publique très majoritairement hostile à la poursuite des attaques contre l'Iran.

«Faites, s'il vous plaît, comme si j'étais sur le bulletin de vote», a exhorté le président Donald Trump. Néanmoins, selon certaines projections, son parti, les Républicains, pourrait perdre la majorité à la Chambre des représentants ou au Sénat, voire aux deux.

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