Malgré les nombreuses mesures prises contre le surtourisme et les excès liés à l’alcool, Majorque reste une destination très prisée pour ceux qui veulent faire la fête à moindre coût. Les Britanniques continuent de s'ambiancer à Magaluf, les Allemands au Ballermann. Mais les débordements ne se limitent plus aux hauts lieux de la vie nocturne. A Palma aussi, des habitants disent ne plus supporter la situation.
Plusieurs riverains se sont confiés au journal «Ultima Hora» au sujet de Playa de Can Pere Antoni. Selon eux, l’ambiance y dégénère régulièrement. «Il y a des fêtes avec de la musique à fond presque tous les jours», raconte un habitant. «Parfois, des bagarres éclatent, des gens urinent ici, et certains vont même jusqu’à avoir des rapports sexuels en pleine rue.» Le journal publie plusieurs vidéos montrant des touristes transformer un poste de secours en mini-discothèque pendant la nuit. «On comprend que les gens veuillent faire la fête, mais là, c’est complètement hors de contrôle», déplore un autre riverain.
Excédés, les habitants ont créé une association et comptent déposer une plainte écrite pour dénoncer les nuisances. Ils envisagent aussi de se rendre à une séance du conseil municipal afin de faire entendre leur voix. Reste à savoir si leur démarche permettra de faire bouger les choses.
Des «touristes low-cost»
Cet été encore, le débat autour du surtourisme reste vif à Majorque. L’an dernier, les critiques visaient surtout les «touristes low-cost». Des visiteurs accusés de passer beaucoup de temps sur l’île, mais de dépenser très peu. Certains apportaient même leur propre repas au lieu de manger au restaurant. Plusieurs commerces avaient alors dénoncé une baisse de leur chiffre d’affaires liée à cette clientèle peu dépensière.
Les craintes des restaurateurs se sont toutefois révélées prématurées. En 2025, les dépenses touristiques ont augmenté de près de 5%, pour atteindre 23,4 milliards d’euros. La basse saison, habituellement plus calme, a même dépassé les attentes, conformément à la stratégie défendue par les autorités locales.
Viser un tourisme plus durable
Le gouvernement majorquin cherche depuis plusieurs années à faire de l’île une destination attractive toute l’année, afin de mieux répartir les visiteurs entre les saisons et de réduire la pression durant l’été. Les responsables politiques disent vouloir répondre aux demandes croissantes en faveur d’un tourisme plus durable. L’objectif affiché: privilégier la qualité plutôt que la quantité, en attirant une clientèle plus aisée et moins portée sur les excès.
Mais sur le terrain, la réalité reste contrastée. Les scènes observées à Can Pere Antoni montrent que Majorque n’en a pas encore fini avec les débordements liés au tourisme festif.