Arrestations arbitraires et torture
«Brutale campagne de répression» en Ouganda avant les élections, dénonce Amnesty

Les forces de sécurité ougandaises ont eu recours à la torture et à des arrestations arbitraires afin d’intimider l’opposition avant les élections du 15 janvier, a dénoncé lundi l’ONG Amnesty International.
Des partisans de l’opposant et candidat à la présidentielle Bobi Wine, lors d’un meeting de campagne à Kampala, le 24 novembre 2025.
Photo: AFP
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Les forces de sécurité ougandaises ont utilisé la torture et multiplié les arrestations arbitraires pour intimider l'opposition avant les élections du 15 janvier, a pointé lundi l'ONG de défense des droits humains Amnesty International.

Le président ougandais Yoweri Museveni, 81 ans et au pouvoir depuis 1986, brigue le 15 janvier un nouveau mandat. Son principal adversaire est Bobi Wine, nom de scène de Robert Kyagulanyi, chanteur très populaire de 43 ans devenu le visage de l'opposition.

Alors qu'un membre de la Plateforme d'unité nationale (NUP), le parti de Bobi Wine, a été tué fin novembre par la police lors d'un rassemblement, Amnesty a indiqué avoir rassemblé des preuves montrant que les forces de sécurité ont frappé et utilisé des gaz lacrymogènes contre des partisans du NUP.

Bobi Wine avait également été candidat à l'élection de 2021, qu'il avait qualifiée de «mascarade», affirmant disposer de nombreuses preuves d'irrégularités. La campagne avait été marquée par des dizaines de morts et les autorités avaient coupé l'accès à internet lors du scrutin.

400 arrestations ces derniers mois

«Les autorités ont lancé une campagne brutale de répression contre l'opposition et ses partisans, rendant extrêmement difficile l'exercice de leurs droits à la liberté d'association et de réunion pacifique», a dénoncé Tigere Chagutah, d'Amnesty international. Quelque 400 personnes ont été arrêtées ces derniers mois pour leur soutien au NUP, sous des chefs d'accusation tels que dommages à la propriété ou incitation à la violence, selon l'ONG.

Il est également craint que le gouvernement ne coupe à nouveau internet pendant l'élection pour empêcher la diffusion d'informations sur des manipulations de vote et des violences. L'Ouganda a restreint en décembre l'importation de Starlink et d'autres récepteurs d'internet par satellite.

Dans un post publié dimanche soir sur X, Bobi Wine a appelé le milliardaire américain Elon Musk, propriétaire de Starlink, à «réactiver» ce système en Ouganda après qu'il a été déconnecté dans le pays début janvier par l'entreprise américaine, selon un courrier imputé à Starlink partagé sur les réseaux sociaux, dont l'AFP n'a pu vérifier l'authenticité.

Articles les plus lus