Viktor Orban sur la sellette
Les Hongrois votent ce dimanche pour l'avenir politique de leur pays

Les Hongrois votent ce dimanche pour des législatives cruciales. Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, pourrait être battu par le conservateur pro-européen Peter Magyar, selon les sondages. Les bureaux de vote ferment à 19h
Annoncé battu dans les sondages, Viktor Orban est au pouvoir depuis 16 ans.
Photo: IMAGO/ZUMA Press
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AFP Agence France-Presse

Les Hongrois votent dimanche lors de législatives qui pourraient mettre fin au règne de Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans. Le résultat de ces élections est scruté par de nombreuses capitales à travers le monde, en particulier en Europe et aux Etats-Unis. Les bureaux de vote ont ouvert à 6h et ferment à 19h. A la mi-journée, la participation atteignait un taux record avec 54,14%, contre 40,1% en 2022.

Les 7,5 millions d'électeurs dans le pays, ainsi que les plus de 500'000 autres enregistrés à l'étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral majoritaire mixte très favorable au Fidesz. Les sondages des instituts indépendants prédisent une très large victoire du parti Tisza du conservateur pro-européen Peter Magyar.

En seulement deux ans, Peter Magyar a réussi à construire un mouvement d'opposition capable de faire de l'ombre au premier ministre nationaliste hongrois. La popularité de Viktor Orban a décliné au même rythme que la croissance du pays.

Orban et Magyar ont voté

Après avoir voté à Budapest, Peter Magyar a appelé les Hongrois à se mobiliser pour cette «élection décisive». «Nous choisissons entre l'Est et l'Ouest, entre la propagande et un débat public honnête, entre la corruption et une vie publique intègre, entre la poursuite du déclin et l'effondrement total des services publics ou le rapatriement des fonds européens et la relance de l'économie hongroise», a déclaré cet ancien membre du Fidesz.

Les institutions proches du pouvoir prévoient eux une victoire de la coalition Fidesz/KDNP de Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat consécutif. Après avoir voté, Viktor Orban a réitéré ses avertissements concernant une «crise majeure» qui attendrait l'Europe.

«Heureusement, nous avons beaucoup d'amis dans le monde. De l'Amérique à la Chine, en passant par la Russie et le monde turc», a-t-il déclaré, ajoutant qu'il ne laisserait pas Bruxelles «priver» la Hongrie de «son avenir et de sa souveraineté». Les signes de nervosité sont cependant palpables dans les rangs du Fidesz, qui a reçu le soutien très appuyé du président américain Donald Trump.

Basculement vers l'autoritarisme

Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d'extrême droite à travers le monde. Viktor Orban s'est très souvent opposé aux 26 autres membres de l'UE, qui l'accuse de saper l'Etat de droit.

Si Bruxelles a évité de s'exprimer ouvertement sur le scrutin, «la plupart des Etats membres seront plutôt heureux de se débarrasser d'Orban», affirme un diplomate européen. Et d'ajouter que «la patience a atteint ses limites».

S'il l'emporte, «cela signifiera clairement (...) un basculement vers l'autoritarisme», estime Andrea Szabo, du Centre des sciences sociales de l'université ELTE. «Le Fidesz a décidé de mener une campagne purement négative, ajoute Andrea Szabo. Il n'y a pas un seul message dont on puisse dire qu'il servirait véritablement à unifier la nation. A l'inverse, ils n'ont parlé que de la guerre, la guerre et encore la guerre (...)».

Accusations d'ingérence

Les analystes s'attendent à un taux de participation record, de l'ordre de 75%, avec de premiers résultats partiels attendus peu après la clôture des votes. Toutefois, en cas de résultats serrés, le vainqueur pourrait ne pas être désigné avant la fin complète du dépouillement, selon le Bureau électoral national.

Alors que l'opposition hongroise craint que Viktor Orban ne reconnaisse pas le résultat des élections, des accusations d'ingérence russe et d'achat massif de voix par le Fidesz ont émergé. Le dirigeant nationaliste a accusé en retour Tisza de «comploter avec des services de renseignement étrangers» pour manipuler les résultats.

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