L'église est imposante, mais à moitié vide: à quelques encablures du lieu d'une fusillade meurtrière le dimanche précédent, c'est dans la crainte que les chrétiens de Jos, au centre du Nigeria, célèbrent dimanche la messe de Pâques.
«Il n'y a pas assez de sécurité ici», déplore à l'AFP John Abo Galadima, 57 ans. «Le gouvernement n'en fait pas assez en la matière», accuse ce fidèle devant l'église évangélique ECWA, bâtiment beige à deux étages du quartier d'Anguwan Rukuba, au nord de Jos.
L'église a bien fait appel à des agents de sécurité privés pour fouiller les fidèles à l'entrée, mais la peur est là. «Je ne me sens pas en sécurité. Les gens ont peur, ils n'osent plus venir à l'église», témoigne Marian Mark Andy, une autre fidèle.
Pour l'une des fêtes les plus importantes du calendrier chrétien, les rues sont largement désertes. La ville est toujours soumise à un couvre-feu de 15 à 7h. L'armée a annoncé avoir déployé 850 soldats supplémentaires dans l'État du Plateau, dont Jos est la capitale, après la fusillade près d'un bar qui a fait une trentaine de morts le dimanche précédent. Mais il y a un seul point de contrôle de police sur la route où se trouve l'église.
Des attaques fréquentes
Lors de la messe, le révérend Luka Musa Madaki a prié pour la paix, tout en exhortant les fidèles à rester vigilants. «En tant que peuple de Dieu, vous devez vous lever, spirituellement et physiquement. Les attaques ici sont trop fréquentes. Vous devez toujours rester vigilants et vous entraider», a-t-il déclaré.
Alors que l'État du Plateau connaît depuis des années de graves violences en milieu rural liées surtout aux conflits entre agriculteurs et éleveurs, la fusillade à Jos constitue une attaque urbaine rare et inquiétante. La ville abrite une population mixte de chrétiens et de musulmans, dont beaucoup vivent en paix.