Les prochaines législatives israéliennes auront lieu le 27 octobre, a annoncé le Parlement dimanche. Tour d'horizon des principaux rivaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Gadi Eisenkot, le général
Fils d'immigrants du Maroc, Gadi Eisenkot, 66 ans, jouit d'un fort capital sympathie, notamment en raison de la mort au combat de son fils lors de la guerre à Gaza et de celles de deux de ses neveux. Sans grande expérience, cet ancien chef d'état-major, qui a aussi été attaché militaire des Premiers ministres Ehud Barak et Ariel Sharon, était entré en politique en 2022 aux cotés du centriste Benny Gantz, son prédécesseur à la tête de l'armée.
Entretenant le flou sur le règlement du conflit israélo-palestinien, il a été membre du cabinet de guerre de Netanyahu entre octobre 2023 et juin 2024, avant de démissionner. Critique acerbe de la conduite de la guerre à Gaza et de la politique du Premier ministre, il a créé en septembre 2025 son parti Yashar («droit»).
Cette formation regroupe des gens connus pour leurs positions de gauche ou de droite, mais aussi la fille de deux otages du Hamas enlevés le 7-Octobre et l'ancien chef du Shin Bet (renseignements intérieurs). Son débit de parole assez lent le distingue de personnalités flamboyantes de la politique israélienne tout en lui conférant, selon certains, une aura de sage.
Naftali Bennett, le revenant
Agé de 54 ans, cet ancien entrepreneur de la tech s'est imposé comme une figure de la droite nationaliste et a été Premier ministre. Après avoir dirigé le Conseil de Yesha, principal organe représentatif des colonies de Cisjordanie occupée, il est entré en politique au sein du camp national-religieux avant de devenir ministre de l'Education, puis de la Défense.
En 2021, il avait créé la surprise en formant une coalition hétéroclite allant de la droite à la gauche, avec le soutien inédit d'un parti arabe israélien. Il avait alors mis un terme à 12 années ininterrompues de pouvoir de Benjamin Netanyahu, mais son gouvernement n'avait survécu qu'un an. Après une période de retrait, il est revenu sur le devant de la scène après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Des commentateurs estiment qu'il peut attirer des électeurs de droite déçus par Netanyahu mais qui ne veulent pas rejoindre le centre ou la gauche.
Partisan d'une ligne dure sur les questions de sécurité et opposé à la création d'un Etat palestinien, il apparaît à certains électeurs comme une alternative moins clivante que l'actuel Premier ministre. Ancien commando, il est considéré comme un homme d'action par de nombreux Israéliens et joue de son alliance avec son ancien colistier Yaïr Lapid, actuel chef de l'opposition, pour rassembler un maximum de voix.
Yaïr Lapid, le médiatique
Ancien journaliste, présentateur vedette de télévision puis homme politique, Yaïr Lapid est depuis plus d'une décennie l'un des visages les plus familiers de la politique. Fondateur du parti centriste Yesh Atid en 2012, cet homme de 62 ans s'est rapidement imposé comme l'un des principaux adversaires de Benjamin Netanyahu.
Plusieurs fois ministre, notamment des Finances puis des Affaires étrangères, il a brièvement occupé le poste de Premier ministre en 2022 dans le cadre de l'accord d'alternance conclu avec Naftali Bennett. Omniprésent sur les réseaux sociaux, c'est un laïc assumé, défenseur d'une ligne centriste et libérale, qui a notamment été l'un des visages de la mobilisation contre la réforme judiciaire qui a profondément divisé avant le 7 octobre 2023.
Mais il peine à convaincre au-delà de son socle d'électeurs urbains, laïcs et modérés et peu d'observateurs le voient conquérir seul le poste de Premier ministre. En revanche, avec sa poignée de sièges et son alliance avec Naftali Bennett, il pourrait une nouvelle fois se retrouver dans le rôle de faiseur de rois.
Avigdor Lieberman, l'ultra laïc
Né en Moldavie soviétique en 1958 et installé en Israël à la fin des années 1970, Avigdor Lieberman est un vétéran de la politique israélienne. Il fut le chef de cabinet de Benjamin Netanyahu et plusieurs observateurs lui attribuent un rôle clé dans sa victoire électorale en 1996.
Fondateur du parti nationaliste laïc Israel Beiteinou, il s'est appuyé sur l'électorat russophone avant d'élargir progressivement sa base à une partie de la droite. Il est l'un des rares responsables à avoir dirigé trois des principaux ministères: les Affaires étrangères, la Défense et les Finances.
Très actif sur les réseaux sociaux, où il critique régulièrement Netanyahu dans un style parfois provocateur, il prône une ligne sécuritaire dure. Il réclame depuis des années la conscription militaire des ultra-orthodoxes et défend une vision laïque de l'Etat, qu'il estime trop dépendant des demandes des juifs religieux.