Des ouvriers seraient piégés sous les décombres
À Nairobi, un immeuble de 18 étages s’effondre en plein jour

Un immeuble de plusieurs étages en construction s’est effondré vendredi à Nairobi, dans le quartier d’Eastleigh. Les autorités redoutent de nombreuses personnes piégées sous les décombres, sans bilan confirmé.
L’immeuble a été réduit à un amas de décombres.
Photo: imago/Xinhua
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Un immeuble en construction de plusieurs étages s'est effondré vendredi dans un quartier populaire de la capitale kényane, Nairobi, où les autorités craignent que «beaucoup» de personnes soient piégées sous les décombres.

Des vidéos circulant en ligne montrent l'effondrement spectaculaire d'un bâtiment haut, selon des médias locaux, de 18 étages, dégageant d'épais nuages de poussière dans le quartier d'Eastleigh, très fréquenté par la communauté somalienne.

L'immeuble a été réduit à un amas de décombres, inspecté par une petite équipe de secours, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les opérations de secours n'avaient pas encore débuté à l'arrivée de l'AFP environ deux heures après l'effondrement, survenu vers 13h40, selon la Croix-Rouge.

Le site de l'incident étant enserré par de hauts immeubles, les interventions sont complexes. Un résident a affirmé que peu de monde était sur place, tandis qu'une responsable craint que de nombreuses personnes soient coincées.

«Il n'y avait que quelques commerces au sous-sol, ainsi que des ouvriers occupés à construire. Mais comme c'était le jour de la prière (...) beaucoup d'entre eux se trouvaient à la mosquée. Je pense qu'il y a eu peu de victimes, car personne n'habitait sur place», a indiqué à l'AFP Abdi Aziz, un riverain de 25 ans.

Selon la présidente de l'Institution d'ingénierie et de technologie du Kenya, Bibiye Mahmoud, des ouvriers effectuaient les travaux de finition dans le bâtiment. «Il y a donc beaucoup de personnes prises au piège ici», a-t-elle indiqué à l'AFP, précisant qu'«elles ne sont pas musulmanes».

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Nairobi connaît un essor de la construction extrêmement rapide et les cas d'effondrements d'immeubles ne sont pas rares, souvent en raison de constructions de mauvaise qualité et du non-respect des réglementations.

Interrogé sur d'éventuels défauts dans le processus de construction, M. Aziz a répondu : «Dans ce quartier, tout le monde se précipite pour construire.»

«Responsabilité»

Les médias locaux ont fait état de pillages après l'effondrement, de victimes coincées, et partagé des images montrant d'importants rassemblements sur la zone juste après l'incident. L'AFP a vu la police utiliser du gaz lacrymogène pour disperser les foules.

Selon un rapport de l'Institut kényan pour la recherche et l'analyse des politiques publiques, 86 effondrements de bâtiments ont eu lieu entre 2009 et 2019, causant la mort d'environ 200 personnes.

Un audit portant sur près de 15'000 bâtiments, réalisé par l'Inspection nationale du bâtiment, a révélé que 4,8 % d'entre eux présentaient un danger extrême, tandis que 72,3 % étaient classés comme non sûrs.

«Les entrepreneurs et les ingénieurs sont censés veiller à ce que les travaux soient suivis par des professionnels. Or ce n'est souvent pas le cas. C'est pourquoi nous assistons à de telles catastrophes», a déclaré Mme Mahmoud. «Il n'y a aucune responsabilité», a-t-elle ajouté.

Le nombre de bâtiments achevés chaque année à Nairobi est passé de 20'025 en 2022 à 25'090 l'an dernier, selon le bureau national des statistiques. La ville est un pôle économique majeur d'Afrique de l'Est et attire des populations venant de zones rurales et de pays voisins.

Articles les plus lus