En 2023, les eaux de l'Atlantique Nord ont connu une vague de chaleur océanique sans précédent, avec parfois une température de plus de 3 degrés au-dessus de la moyenne. Ce phénomène, jusque-là exceptionnel, qui a duré 240 jours, pourrait devenir plus courant si la dérive climatique se poursuit sans frein, selon une récente étude.
Si le réchauffement planétaire ne dépasse pas 2 degrés, les maux subis par les eaux de l'Atlantique Nord il y a 3 ans resteront un événement rare. Il n'est cependant pas exclu que l'intensité des vagues de chaleur soit plus grande qu'en 2023. Tout dépendra des conditions météorologiques du moment.
En revanche, une hausse de température de la Terre de plus de 3 degrés rendra ces canicules marines extrêmes beaucoup plus fréquentes, avertit l'Université de Berne, mardi, dans un communiqué.
Conséquences néfastes
Dans le scénario du pire, les eaux de l'Atlantique Nord pourraient ainsi afficher des températures supérieures de 5 degrés par rapport à aujourd'hui et durer 1500 jours. «La vague de chaleur océanique de 2023 ne serait alors plus une exception», note le climatologue de l'Université de Berne, Thomas Frölicher, cité dans le communiqué.
Les vagues de chaleur océaniques ont un nombre considérable de conséquences néfastes sur l'écosystème. Elles peuvent causer une augmentation de la mortalité chez les oiseaux, les poissons et les mammifères marins, favoriser la prolifération d'algues indésirables et peser sur l'industrie de la pêche.
La canicule marine de 2023 dans l'Atlantique Nord a également eu pour conséquence d'aggraver la vague de chaleur qui s'était abattue à l'époque sur le continent européen. L'étude menée par une équipe de scientifiques de l'Université de Berne fait l'objet d'un article dans la revue spécialisée «Nature Communications».