«Pelicot britannique»
Un million d’images retrouvés sur le téléphone d'une homme qui a drogué et violé sa femme

À Manchester, neuf hommes sont jugés pour viols et agressions sexuelles sur une femme que son mari droguait et violait depuis plus de vingt ans. Selon l’accusation, son téléphone contenait plus d’un million d’images des abus.
Richard Wilkins fait partie des cinq violeurs présumés dans l'affaire d'un mari qui a violé et drogué sa femme pendant plus de vingt ans.
Photo: AFP
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Un homme qui a drogué et violé sa femme pendant plus de vingt ans et aurait invité des inconnus à participer, avait «plus d'un million de photographies et de vidéos» sur son téléphone répertoriant ces abus, a entendu un tribunal britannique lundi.

Le tribunal de Manchester, dans le nord-ouest de l'Angleterre, juge neuf hommes accusés de diverses infractions sexuelles contre une femme abusée par son mari, un sexagénaire qui ne peut être nommé afin de protéger l'identité de la victime.

Le mari a filmé et partagé des images, sur «internet et des applications de médias sociaux», avec «d'autres hommes ayant les mêmes idées», a déclaré la procureure Louise Oakley devant le tribunal.

Hommes invités au domicile conjugal

Certains des prévenus auraient «agi dissimulés derrière un écran» et conspiré avec le mari durant des années pour administrer des substances à son épouse, afin qu'elle puisse être «utilisée et abusée».

Puis, à partir de 2023, le mari a commencé à inviter des hommes au domicile conjugal et s'est filmé en train de la violer, lui et d'autres, alors qu'elle était inconsciente.

Il s'agit de la deuxième affaire de ce type actuellement jugée en Grande-Bretagne, le procès de quatre autres hommes s'étant ouvert la semaine dernière à Winchester, dans le sud.

La prise de conscience mondiale de ce crime d'agression sexuelle facilitée par la drogue s'est accrue avec le procès en France de Dominique Pelicot, qui a drogué et violé son épouse Gisèle pendant près d'une décennie avec la participation d'inconnus.

«Fantasmes sexuels barbares»

À Manchester, la procureure a expliqué au jury que le téléphone du mari, saisi lors de son arrestation, était comme un «confessionnal» contenant des «fantasmes sexuels barbares» remontant à 2004.

«Il y avait plus d'un million de photographies et de vidéos répertoriant non seulement les abus qu'il infligeait à son épouse, mais aussi ceux commis sur elle par d'autres, y compris ceux qui se trouvent aujourd'hui dans le box des accusés», a déclaré Mme Oakley.

«Il ne fait aucun doute qu'il menait une double vie masquée par une façade de respectabilité», a-t-elle ajouté. Le mari a plaidé coupable en septembre d'environ 60 infractions sexuelles contre sa conjointe, dont l'administration d'une substance dans l'intention de l'abrutir ou de la maîtriser. Il est accusé avec 13 autres hommes, dont quatre ont aussi plaidé coupable de diverses infractions.

Les neuf restants, âgés de 28 à 70 ans, nient diverses accusations, notamment de viol, d'agression sexuelle et de complot pour administrer une substance déterminée avec intention. Parmi eux figurent un médecin, un chauffeur de taxi, un employé d'agence de recrutement et un autre d'un fournisseur de matériaux de construction.

Articles les plus lus