Le bilan pourrait être bien plus élevé
En Iran, la répression aurait déjà fait 200 morts

Selon une ONG, la répression des manifestations en Iran aurait fait au moins 200 morts, contre 51 précédemment annoncés. La police a également annoncé de nombreuses arrestations.
«Des arrestations importantes ont été menées» samedi soir, a déclaré le chef de la police nationale.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Au moins 200 manifestants ont été tués en deux semaines de mouvement de contestation en Iran, a affirmé dimanche une organisation de défense des droits humains, soit une forte hausse par rapport au bilan précédent de 51 morts.

«Depuis le début des manifestations, Iran Human Rights a confirmé la mort d'au moins 200 manifestants», a indiqué l'ONG basée en Norvège, avertissant que le bilan pourrait être bien plus élevé, la coupure d'internet de plusieurs jours ayant rendu difficile le décompte.

Hôpitaux «débordés»

Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l'est du pays. Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors que la coupure d'internet, depuis maintenant plus de 60 heures, rend quasi impossible toute communication avec le monde extérieur. Dans d'autres vidéos, qui n'ont pas pu être authentifiées par l'AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.

«Cette mesure de censure constitue une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens», a souligné sur son compte X l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. Dans d'autres vidéos, qui n'ont pas pu être authentifiées par l'AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.

Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a dit avoir reçu des «témoignages directs et des rapports crédibles» sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours. L'organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, avait fait état plus tôt de la mort de 116 personnes, dont 37 membres des forces de sécurité ou autres responsables. «Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines», avertit l'organisation. Elle ajoute que les hôpitaux sont «débordés», que les réserves de sang diminuent et que de nombreux manifestants ont été délibérément visés aux yeux par des tirs.

Lignes téléphoniques coupées

Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n'avait rien à voir avec la situation actuelle.

Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche. «N'abandonnez pas les rues. Mon coeur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés», a-t-il lancé.

La police annonce de nombreuses arrestations

La police iranienne a annoncé dimanche avoir procédé à des arrestations de figures clés du mouvement de protestation qui secoue le pays depuis deux semaines.

«Des arrestations importantes ont été menées» samedi soir «contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes, qui, si Dieu le veut, seront punis après la fin des procédures légales», a déclaré le chef de la police nationale, Ahmad Reza Radan, à la télévision d'Etat, sans fournir de détails sur le nombre ou l'identité des personnes arrêtées.

Menaces depuis le Parlement

De son côté, le président du Parlement iranien a prévenu que Téhéran viserait des sites de l'armée américaine et le transport maritime des Etats-Unis s'ils frappaient l'Iran.

S'exprimant devant l'hémicycle, Mohammad Bagher Ghalibaf a ajouté que «les territoires occupés» seraient aussi «des cibles légitimes», en référence apparemment à Israël, que la République islamique ne reconnaît pas et considère comme un territoire palestinien occupé.

Le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que son pays allait «frapper très fort» l'Iran en cas de répression meurtrière des manifestations. Israël a également affiché dimanche son soutien à «la lutte du peuple iranien pour la liberté» et appelé l'UE à qualifier les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, d'«organisation terroriste».

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