Le procès de l'homme de 34 ans accusé d'avoir perpétré une attaque à la voiture-bélier en mai à Leipzig s'est ouvert lundi dans cette ville de l'est de l'Allemagne. D'après l'acte d'accusation, le parquet reproche à Jeffrey K., un ressortissant allemand, deux chefs d'homicide ainsi que 85 chefs de tentative de meurtre. Selon le procureur Ulrich Jakob, l'accusé «voulait attirer l'attention» après une séparation de sa femme et une dispute pour la garde de leur fils.
«Il estimait n'avoir plus rien à perdre», a expliqué Ulrich Jakob. L'avocat de la défense, Malte Heise, a qualifié les faits de «tragédie» et a assuré que son client avait agi par «désespoir» et non par vengeance. L'homme avait foncé, le 4 mai, au volant d'une voiture dans une zone piétonne très fréquentée du centre-ville et percuté de nombreuses personnes à une vitesse de 90 km/h.
Folie meurtrière
La course, qui a duré moins d'une minute, a causé la mort d'une femme de 63 ans et d'un homme de 77 ans. En mai, les enquêteurs avaient exclu tout «mobile politique ou religieux», évoquant un acte délibéré motivé par une folie meurtrière. Selon le parquet, l'acte était prémédité.
L'homme avait séjourné de son plein gré dans un hôpital psychiatrique le mois précédant l'attaque. Mais selon l'expertise d'un psychiatre, il n'existe aucun indice permettant de conclure à une irresponsabilité pénale de l'accusé. Des audiences sont programmées jusqu'en juillet prochain.
Depuis l'attentat de décembre 2016 à Berlin, perpétré par un Tunisien aux motivations jihadistes qui avait foncé en camion sur la foule, faisant 13 morts, l'Allemagne a été régulièrement frappée par des attaques à la voiture-bélier. La justice allemande a condamné en août un Afghan à la prison à vie pour l'attaque à la voiture-bélier ayant fait deux morts et environ quarante blessés dans un cortège syndical à Munich en 2025.