En bref
- Depuis fin mai, l'Etat allemand a déjà versé 100'000 primes pour voitures électriques
- Ce sont surtout les revenus faibles et moyens qui en profitent
- Trois milliards d'euros sont disponibles pour subventionner l'achat de voitures électriques
Les ventes de voitures électriques connaissent actuellement un essor. En cause: l'explosion du prix du carburant à la suite de la guerre en Iran. En Allemagne, une nouvelle subvention est venue donner un coup d’accélérateur supplémentaire au marché. Comme le rapporte le média allemand «Bild», pas moins de 100'000 demandeurs ont déjà touché cette aide financière depuis la fin du mois de mai.
Du côté du gouvernement, le ministre fédéral de l’Environnement Carsten Schneider ne cache pas sa satisfaction: «Le programme de subvention a largement dépassé nos attentes.» Pour l’élu social-démocrate (SPD), l’essentiel est surtout que ce coup de pouce financier, qui oscille entre 1500 et 6000 euros, bénéficie directement aux foyers aux revenus modestes. Jusqu’ici, ces ménages privilégiaient souvent les motorisations thermiques, dissuadés par le coût d’achat plus élevé des voitures électriques.
Une enveloppe de trois milliards d'euros sur la table
Selon le gouvernement allemand, la moitié des bénéficiaires disposent d’un revenu annuel inférieur ou égal à 45'000 euros, tandis que les trois quarts gagnent jusqu’à 60'000 euros par an. Les aides versées concernaient à 90% les voitures électriques et à 10% les hybrides rechargeables. Les automobilistes peuvent demander l'argent rétroactivement, à condition que leur véhicule neuf ait été immatriculé depuis le 1er janvier 2026.
Au total, l'enveloppe s'élève à trois milliards d'euros. Ce budget devrait permettre de financer environ 800'000 véhicules et couvrir les trois à quatre prochaines années. Pour l'heure, l'exécutif n'a pas tranché sur une éventuelle prolongation du programme au-delà de cette échéance.
Cette manne financière ne fait pourtant pas l’unanimité. Depuis son lancement, le dispositif essuie régulièrement des critiques: certains lui reprochent de profiter davantage aux constructeurs étrangers qu’à l’industrie automobile nationale. Un constat confirmé par une analyse du cabinet de conseil EY, relayée par le quotidien «Die Welt», qui met en évidence un recul des parts de marché des marques allemandes.