Six manifestants kényans ont été retrouvés «abandonnés et torturés» samedi, après avoir été arrêtés lors d'une marche commémorant le 2e anniversaire de la sanglante répression d'une contestation ayant profondément marqué le pays, a indiqué une organisation de défense des droits humains.
Les familles des personnes tuées par les forces de sécurité en juin 2024, rejointes par des militants et des responsables politiques, ont organisé jeudi une marche commémorative à travers Nairobi pour dénoncer les meurtres commis par la police, tandis que les autorités bouclaient les principales artères sous haute sécurité. Selon le ministre de l'Intérieur, Kipchumba Murkomen, environ 355 personnes ont été arrêtées à travers le pays. Les six manifestants arrêtés jeudi devant le Parlement ont été détenus au secret, alors que les organisations de défense des droits humains réclamaient leur libération immédiate.
Ce pays d'Afrique de l'Est a une longue histoire de violences policières et de disparitions forcées. Les six manifestants ont été retrouvés «abandonnés» dans différents quartiers de Nairobi samedi matin, selon la Commission kényane des droits de l'homme (KHRC). Un autre manifestant est toujours porté disparu, selon la même source.
Corruption endémique
Les six «affirment avoir été brutalement agressés par la police pendant leur garde à vue», a écrit la KHRC sur X. Blessés, ils ont été hospitalisés, ont rapporté les médias locaux.
En juin 2024, des dizaines de milliers de jeunes, rassemblés sous la seule bannière de la «Génération Z», au-delà des clivages communautaires traditionnels et hors de toute structure politique, avaient protesté pacifiquement au Kenya pendant plusieurs jours contre un projet de hausse des taxes et la corruption endémique, prenant de court le gouvernement, dépassé par l'ampleur de la contestation. En 2024, la répression a fait 62 morts, et l'année suivante 65, selon l'Autorité indépendante de supervision de la police (IPOA).