Se battre pour l'émancipation des femmes
«On ne lâchera rien!» dit Gisèle Pelicot lors d'une manifestation à l'occasion de la journée des droits des femmes

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche en France et en Espagne pour le 8 mars. Entre défense de l'IVG, lutte contre l'extrême droite et appels à la paix au Moyen-Orient, les manifestants réclament aussi des moyens face à l'écart salarial.
1/2
Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Espagne pour défendre les droits des femmes à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Photo: KEYSTONE

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Espagne pour défendre les droits des femmes mais aussi réclamer la fin de la guerre au Moyen-Orient à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. En France Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences de genre, était dans le cortège parisien.

En Espagne, des manifestations ont notamment eu lieu à Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Grenade, Bilbao ou encore Saint-Sébastien. Dans certaines villes, comme dans la capitale, deux marches féministes ont été organisées en raison de divergences sur la portée des droits des personnes transgenres et la légalisation ou la régularisation de la prostitution. Plusieurs ministres y ont participé.

Yolanda Díaz, deuxième vice-présidente du gouvernement, a demandé aux féministes de «faire un pas en avant» contre la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. «Il est en notre pouvoir d'arrêter la guerre, d'arrêter la barbarie et de gagner des droits. Nous nous proclamons en défense de la paix, en défense du peuple iranien, en défense des femmes iraniennes», a déclaré Yolanda Díaz à la presse.

Contenu tiers
Pour afficher les contenus de prestataires tiers (Twitter, Instagram), vous devez autoriser tous les cookies et le partage de données avec ces prestataires externes.

Le président du gouvernement, le socialiste Pedro Sánchez, a publié un message sur les réseaux sociaux faisant allusion de manière voilée à la progression électorale de l'extrême droite. «Nous le disons haut et fort. Nous ne laisserons pas la haine remplacer les droits et nous ne normaliserons pas l'inégalité», a-t-il déclaré.

«Danger de l'extrême droite»

En France, des dizaines de milliers de personnes, selon les associations, sont attendues dimanche partout en France pour défendre les droits des femmes, menacés par la montée du conservatisme.

«On ne lâchera rien!», a lancé Gisèle Pelicot en s'adressant à la foule de la marche à Paris. Je suis «hyper-fière d'être avec l'équipe de la Fondation des femmes, extrêmement honorée d'être ici en présence de ma maman qui envoie un vrai message d'espoir à toutes les victimes de France», a assuré de son côté Caroline Darian, au moment où le cortège s'élançait peu après 14h30 dans le nord-est de Paris.

A Bordeaux, Lille ou Marseille, plus d'une centaine d'organisations, dont des associations et syndicats, ont appelé à se rassembler dans 150 lieux en France. Ce 8 mars est l'occasion de se battre pour «l'émancipation des femmes» et «contre l'extrême droite, qui sème le racisme, la misogynie et l'homophobie», a résumé lors d'une conférence de presse Myriam Lebkiri, du syndicat CGT.

De son côté, le collectif d'extrême droite Némésis, qui se revendique féministe, organise son propre rassemblement dans l'ouest de la capitale. Une partie des organisateurs avaient demandé l'interdiction de sa présence dans la manifestation, l'accusant d'«instrumentaliser le féminisme à des fins racistes».

Les associations membres du collectif organisateur des rassemblements de dimanche, Grève féministe, cherchent à alerter sur le «danger» que représente l'extrême droite pour les droits des femmes, à l'approche des élections municipales (15 et 22 mars).

«A travers le monde, on voit des puissances, qu'elles soient intégristes, religieuses, réactionnaires, qui attaquent en premier lieu la question des libertés des femmes et nos corps», notamment «dans l'accès à la santé» et concernant «des éléments fondamentaux, comme l'avortement», a souligné sur la radio France info la ministre de l'Egalité femmes-hommes Aurore Bergé.

Ecarts de salaires

Les manifestants protestent également contre les violences sexistes et sexuelles persistantes dans la société. Pour faire face, les associations réclament un budget annuel de trois milliards d'euros ainsi qu'une loi-cadre intégrale qui comprenne des mesures de prévention, d'éducation, de protection, d'accompagnement des victimes et de sanction des agresseurs.

L'émancipation économique des femmes, qui occupent des métiers moins rémunérateurs, davantage à temps partiel, est aussi en tête des revendications.

En France, le salaire moyen des femmes dans le secteur privé était encore de 21,8% inférieur à celui des hommes en 2024, a récemment rapporté l'institut national de la statistique (Insee).

L'an dernier, les organisateurs ont revendiqué 120'000 participants à la marche parisienne et au total 250'000 en France. La police avait comptabilisé 47'000 manifestants à Paris, soit près du double de l'année précédente.

Articles les plus lus