«Non à la guerre!»
En pleine cérémonie, la Première ministre japonaise se fait huer

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a été huée lors d'une cérémonie commémorative à Okinawa. Les manifestants protestaient contre son projet de réforme de la constitution pacifiste et de durcissement de la politique militaire du Japon.
Sanae Takaichi au Parc mémorial de la paix d'Itoman, dans la préfecture d'Okinawa, au sud du Japon, le 23 juin 2026.
Photo: IMAGO/Kyodo News
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AFP Agence France-Presse

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a été huée lors d'une cérémonie commémorative de la Seconde Guerre mondiale par des manifestants opposés à ce que Tokyo dévie de sa posture pacifiste historique, selon des images télévisées.

Proche allié des Etats-Unis, le Japon a assoupli en avril ses règles encadrant les exportations d'armes létales et Sanae Takaichi, partisane d'une ligne dure sur les questions de sécurité et qui a irrité la Chine l'an dernier avec des propos sur Taïwan, a déclaré vouloir réviser la Constitution.

Un groupe restreint mais véhément de manifestants a scandé des slogans tout au long du discours de Sanae Takaichi mardi, lors d'une cérémonie marquant le 81e anniversaire de la fin de la sanglante bataille d'Okinawa en 1945, au cours de laquelle quelque 200'000 Japonais ont péri.

«Non à la guerre !», «Protégez l'article 9 !», ont-ils notamment lancé à la dirigeante, en référence à l'article de la Constitution japonaise actant le renoncement à la guerre, peut-on entendre sur la captation vidéo du discours.

«Une profonde tristesse»

«Chaque fois que je repense au regret de toutes celles et ceux qui ont péri pendant la guerre et à la douleur des familles endeuillées, mon coeur est rempli d'une profonde tristesse», a déclaré Mme Takaichi dans son allocution. «Fidèle à son engagement inébranlable de ne jamais répéter les ravages de la guerre, le Japon a résolument poursuivi cette voie en tant que nation accordant la plus haute valeur à la paix», a-t-elle ajouté.

Okinawa, dans le sud du Japon, abrite la majorité des bases militaires américaines de l'archipel, une source de malaise de longue date pour les habitants. L'endroit pourrait se retrouver en première ligne en cas de conflit avec la Chine autour de Taïwan, toute proche. Ces derniers mois ont été marqués par des manifestations régulières contre ces évolutions de politique sous Sanae Takaichi, qui ont également suscité une réaction virulente de la Chine, accusant le Japon de raviver son «militarisme» d'avant-guerre.

Le Japon a récemment entrepris d'acquérir des capacités de «contre-attaque», tout en augmentant ses dépenses militaires et en approfondissant sa coopération sécuritaire avec des alliés régionaux, notamment les Philippines. Cette évolution s'est accélérée sous Sanae Takaichi, qui a provoqué la colère de la Chine en novembre dernier en suggérant que le Japon pourrait intervenir militairement en cas d'attaque chinoise sur Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.


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