Voté ce lundi à la Knesset
Un projet d'Israël sur l'extension de la peine de mort inquiète l'Europe

Berlin, Paris, Rome et Londres ont exprimé leur inquiétude ce dimanche face à un projet de loi israélien élargissant la peine de mort. Ils exhortent Israël à renoncer, évoquant une menace pour les principes démocratiques.
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Ce projet de loi sera voté ce lundi à la Knesset, le Parlement israélien.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Berlin, Paris, Rome et Londres ont fait part dimanche dans un communiqué conjoint de leur «profonde inquiétude» concernant un projet de loi israélien visant à étendre la peine de mort, à la veille de son vote par la Knesset.

«Nous, ministres des Affaires étrangères de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni, exprimons notre profonde préoccupation au sujet d'un projet de loi qui élargirait de manière significative les possibilités d'imposer la peine de mort en Israël (...)», écrivent-ils dans ce communiqué.

Selon eux, «l'adoption d'un tel texte risquerait de remettre en cause les engagements d'Israël en matière de principes démocratiques». Dès lors, «nous exhortons les décideurs israéliens à la Knesset et au sein du gouvernement à abandonner» ce projet de loi.

Un danger pour la démocratie

Ce projet de loi, présenté par l'extrême droite, doit être voté lundi par le Parlement israélien en deuxième et troisième lecture mais fera surement l'objet de recours devant la Cour suprême.

Selon ce texte, «quiconque cause intentionnellement ou par indifférence la mort d'un citoyen israélien pour des motifs de racisme ou d'hostilité envers une communauté, et dans le but de nuire à l'Etat d'Israël et à la renaissance du peuple juif dans son pays, sera passible de la peine de mort». Avec une telle formulation, la peine de mort pourrait s'appliquer à un Palestinien qui tuerait un Israélien, mais en aucun cas à un Israélien qui tuerait un Palestinien.

Le secrétaire général du Conseil de l'Europe Alain Berset a également exhorté dimanche Israël à renoncer à ce projet de loi, estimant qu'il représenterait «un grave recul par rapport au moratoire de facto de longue date en vigueur en Israël».

La peine de mort n'a été appliquée qu'à deux reprises en Israël: en 1948, peu après la création de l'État, contre un capitaine de l'armée accusé de haute trahison, et en 1962, lorsque le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann a été pendu. 

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