Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a affirmé samedi que la détention du militant espagnol Saif Abu Keshek, arrêté par Israël alors qu'il se trouvait à bord de la flottille à destination de la bande de Gaza, était «illégale» et qu'il devait être «immédiatement» libéré.
«Nous faisons face à une arrestation illégale dans les eaux internationales, en dehors de toute juridiction des autorités israéliennes et, par conséquent, Said Abu Keshek doit être remis en liberté immédiatement afin qu'il puisse revenir en Espagne», a déclaré José Manuel Albares à la radio catalane Rac1.
Le ministre s'est dit «préoccupé» car, a-t-il insisté, «nous avons un citoyen espagnol qui est détenu illégalement et qui a été appréhendé dans les eaux internationales, en dehors de toute juridiction, par les autorités d'un autre Etat». Quelques 175 militants de la flottille «Global Sumud», visant à briser le blocus naval imposé par Israël à la bande de Gaza, ont été arrêtés jeudi sur une vingtaine de bateaux dans les eaux internationales au large de la Crète.
Une situation «inacceptable»
Israël a relâché tous les activistes en Grèce après un accord avec ses autorités, sauf Thiago Ávila et Saif Abu Keshek. Ces deux militants se trouvent en Israël pour y être «interrogés», a annoncé samedi le ministère israélien des Affaires étrangères. Selon cette source, l'Espagnol Saif Abu Keshek est «l'un des dirigeants» de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l'étranger (PCPA), association caritative accusée par les Etats-Unis et Israël d'être affiliée au mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza.
Quant à Thiago Ávila, l'un des principaux organisateurs de la flottille, il «travaille avec PCPA et est soupçonné d'activités illégales», a affirmé le ministère israélien sur X. Le Brésil et l'Espagne ont protesté vendredi après avoir appris que les deux militants allaient être envoyés en Israël. Pour José Manuel Albares, qui se base sur des informations dont dispose le gouvernement espagnol, «il est impossible d'établir le moindre lien entre Saif Abu Keshek et le Hamas». «C'est un épisode qui tend encore davantage notre relation» avec Israël, a-t-il estimé, «en raison du caractère inacceptable de cette situation».