Des dirigeants d'une trentaine de médias internationaux de premier plan ont réclamé dans une lettre ouverte commune à Israël un libre accès à la bande de Gaza, verrouillée aux journalistes étrangers depuis le début de la guerre contre le Hamas il y a plus de deux ans. La lettre est notamment signée par des dirigeants de la BBC, de CNN, du New York Times, du Washington Post, du Guardian, El Pais, Le Monde, ainsi que des agences de presse AP, Reuters, et l'AFP.
«Dans chaque conflit, les journalistes sont limités dans leur accès au terrain de guerre. Mais c'est différent à Gaza. Depuis plus de 930 jours, Israël interdit aux reporters d'entrer indépendamment dans le territoire», est-il écrit dans cette lettre, demandant une levée «immédiate» des restrictions.
Les journalistes étrangers et leurs représentants la réclament régulièrement depuis le début de la guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023 lancée par le mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien.
L'association de la presse étrangère à Jérusalem (FPA) a ainsi porté l'affaire devant la justice israélienne, sans succès pour l'instant. Seules quelques dizaines de journalistes ont été autorisés à se rendre ponctuellement dans le territoire, sous escorte des forces armées israéliennes, et avec des restrictions ne permettant pas un travail journalistique indépendant.
Sur les épaules des journalistes palestiniens
Les autorités israéliennes mettent en avant des raisons de sécurité, même depuis l'entrée en vigueur d'un fragile cessez-le-feu en octobre.
A cause de l'interdiction en vigueur, la couverture de la guerre et de ses conséquences «repose presque entièrement sur nos collègues palestiniens» qui «ont travaillé dans des conditions extrêmes - faim, déplacements, perte d'êtres chers, restrictions continues et attaques meurtrières. Ils ne devraient pas porter ce fardeau seuls, et devraient être protégés», écrivent aussi les signataires. Selon le Comité de Protection des Journalistes (CPJ), plus de 200 journalistes palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre.