Le conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran a un impact direct sur l'approvisionnement énergétique mondial. Bien qu'il ne soit pas encore possible de mesurer son ampleur, il est évident qu'en cas de nouvelles attaques, une crise économique mondiale pourrait éclater.
Surtout après que le détroit d'Ormuz, lieu stratégique où transite la grande majorité du pétrole, a été fermé par l'Iran. Voici ce qu'il faut savoir sur le sujet et ses principaux enjeux.
Quelles sont les conséquences du conflit sur le prix du pétrole?
Les rumeurs évoquant une possible menace sur la sécurité du détroit d'Ormuz ont déjà influencé le cours du pétrole. Le marché a réagi dès vendredi, en ajustant les prix en conséquence. Le prix du pétrole de type Brent a grimpé d'environ 2% pour atteindre 72,48 dollars le baril (159 litres) – le niveau le plus élevé depuis juillet 2025.
A noter que les marchés pétroliers sont fermés ce week-end. Cela signifie que le grand choc pétrolier pourrait avoir lieu ce lundi, surtout si aucune fin rapide du conflit ne se profile. «Les marchés réagissent toujours rapidement», explique l'experte en matières premières Cornelia Meyer à Blick. Comme le veut la devise: il faut acheter lorsque les rumeurs circulent et vendre lorsque les faits sont confirmés. La banque britannique Barclays s'attend à ce que le prix du baril de pétrole Brent atteigne les 100 dollars.
Comment les Suisses ressentiront-ils le conflit sur le plan financier?
En Suisse, la hausse anticipée des prix du pétrole se répercute directement sur les coûts du chauffage au mazout et au gaz. Mais aussi sur l'essence, car les prix vont aussi probablement augmenter.
A titre d’exemple, une hausse d’un dollar du prix du pétrole – à taux de change inchangé – entraîne une augmentation d’environ un centime du prix d’achat pour les exploitants de stations-service suisses, explique à Blick Michael Knobel, propriétaire de la chaîne de stations-service Etzelpark. «Si le prix du pétrole atteignait réellement 100 dollars, il n'est pas exclu que les prix dépassent les 2 francs le litre d'essence dans les stations-service. Mais pas chez moi», assure l'entrepreneur, connu pour ses actions de casseur de prix. Il avise les consommateurs: «Je conseille à tout le monde de faire le plein maintenant, en fin de semaine.»
Toujours est-il qu'une pénurie de pétrole ou d'essence ne menace pas dans l'immédiat. Les stocks sont actuellement bien remplis. A plus long terme, en revanche, la hausse des prix de l’énergie pourrait aussi se répercuter sur les supermarchés, les coûts de transport plus élevés finissant par renchérir les produits.
Quelle est la situation actuelle dans le détroit d'Ormuz?
A priori, l'Iran souhaite complètement fermer le détroit. Selon l'agence de presse iranienne, les Gardiens de la révolution ont restreint samedi le trafic maritime sur le détroit d'Ormuz. Les navires se verraient interdire le passage par messages radio. Plusieurs compagnies maritimes, groupes pétroliers et entreprises commerciales ont donc cessé de naviguer.
Toutefois, le trafic maritime n'a pas été complètement interrompu. Le pétrolier «Skylight» a été attaqué dimanche au large des côtes d'Oman, près du détroit d'Ormuz. Désormais, les pétroliers se tassent dans les ports des Emirats arabes unis, comme le montrent les données de suivi du trafic maritime.
Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il si central pour l'économie mondiale?
Le détroit d'Ormuz, qui relie le Golfe Persique au Golfe d'Oman, constitue la principale voie d’exportation du pétrole du Proche-Orient. Près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole transite par ce passage stratégique. La majeure partie du pétrole que l’Iran et les pays de l’Opep y expédient est destinée aux marchés asiatiques. Toute perturbation représente donc un risque majeur pour l’approvisionnement mondial.
Par ailleurs, ce corridor maritime est relativement peu profond et ne mesure qu’environ 38 kilomètres de large à son point le plus étroit, ce qui le rend particulièrement vulnérable.