Panique dans les pays du Golfe
Dubaï, Qatar: des milliers de touristes bloqués en pleine zone de guerre

Les missiles et les drones iraniens font régner la peur dans la région du Golfe. En raison des attaques incessantes, le trafic aérien ne fonctionne plus. Des incendies, des blessés et des évacuations ont eu lieu à Dubaï et à Doha.
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Des milliers de touristes sont bloqués au Moyen-Orient. La fin des hostilités n'est pas encore en vue.
Photo: keystone-sda.ch
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Marian Nadler et Silja Anders

Après les frappes américano-israéliennes menées samedi contre l’Iran, le régime des mollahs riposte. Depuis, missiles et drones pleuvent sur la région du Golfe. Dans les capitales et les grandes métropoles, les défenses antiaérienne fonctionne presque sans interruption.

Lors de récentes attaques de représailles, les forces iraniennes ont également visé les aéroports de la région. Les opérations ont été suspendues en de nombreux endroits. A l'aéroport international de Dubaï, des vidéos tournées tôt dimanche matin – heure suisse – montrent des dizaines de passagers évacués en urgence. L’aéroport aurait été endommagé lors d’une attaque. Une épaisse fumée était visible dans certaines parties du bâtiment. Selon les premiers rapports, quatre personnes ont été blessées.

Le vide règne dans l'espace aérien du Proche-Orient

L'ex-Mister Suisse Adel Abdel Latif vit depuis quelques années à Dubaï. Il s'est entretenu avec Blick afin de détailler la situation sur place. «Une situation agitée. Nous entendons des détonations partout», raconte-t-il Les rues sont vides. En attendant, il fait face à l'urgence. «Je suis en train de préparer nos affaires les plus importantes: passeports, argent liquide, etc. au cas où nous devrions évacuer pour une raison ou une autre.» 

Mais pour l'instant, il est persuadé que «la situation ne va pas s'aggraver, du moins ici aux Emirats arabes unis.» Les vols au départ de Dubaï sont déjà réservés, «à condition que l'aéroport ouvre». «Sinon, nous prendrons la voiture et traverserons les frontières si nécessaire.» Adel Abdel Latif se dit par ailleurs abasourdi par le silence qui règne: «Je n'ai pas vu les rues aussi vides depuis la pandémie de Covid-19.»

«A l'aéroport international de Dubaï, c'est le chaos total. Des milliers de personnes tentent de quitter le terminal. Il n'y a pas de sorties, les trains entre les différents terminaux sont en panne. Il n'y a pas d'annonces, pas de personnel», a déclaré un touriste allemand à «Bild» dimanche matin. Un initié d'une compagnie aérienne a en outre déclaré au journal que la nouvelle escalade au Moyen-Orient était «un cauchemar logistique massif» pour le secteur aérien.

Un coup d'œil sur les cartes des fournisseurs de données de vol le prouve: l'espace aérien au-dessus de pays comme l'Iran, l'Irak, le Koweït, Israël et Bahreïn est complètement bouclé.

Débris sur le Burj al Arab

En raison d'une attaque iranienne, l'hôtel emblématique Burj al Arab a également été évacué dans la nuit, comme l'a indiqué un lecteur de Blick. De nombreux clients ont été pris de panique et ne savent pas où passer la nuit, a-t-il rapporté. De nombreux clients ont été relogés dans d'autres hôtels au cours de la nuit.

Les autorités de Dubaï ont ensuite confirmé qu'un drone avait été intercepté et que des débris avaient provoqué un petit incendie sur la façade du Burj al Arab. Le chanteur suisse Roli Eberhard, du groupe Calimeros, a quitté Dubaï peu avant l’escalade. Il confie avoir «eu beaucoup de chance». Non seulement à cause de l’incendie à l’hôtel, mais aussi parce que la fermeture de l’espace aérien aurait pu l’empêcher de rentrer.

Selon un témoin, le Burj Khalifa, plus haut gratte-ciel du monde avec ses 828 mètres, aurait également été évacué par précaution.

Grand incendie à Doha

A Doha, des habitants ont signalé plusieurs explosions dimanche matin à la chaîne Al Jazeera. Là aussi, la défense antiaérienne était à pied d'oeuvre.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un important incendie dans une zone industrielle. Une fumée noire dense était visible à des kilomètres à la ronde, a rapporté l’agence AFP.

Les autorités qataries ont confirmé qu’un feu s’était déclaré après la chute de débris consécutive à l’interception d’une roquette. Aucune personne n’a été blessée.

Dans toute la région, la crainte domine: si les attaques se poursuivent, le Golfe pourrait basculer dans une nouvelle phase du conflit.

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