Des heures à travers le désert
Riches et influenceurs dépensent des sommes astronomiques pour fuir Dubaï

La guerre en l'Iran a bloqué des milliers de voyageurs aux Emirats arabes unis, sans vols de retour disponibles. Des passagers aisés trouvent toutefois des solutions, en payant le prix fort.
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Les personnes aisées ont désormais trouvé un moyen de quitter Dubaï et de se rendre en Europe.
Photo: AP
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AFP Agence France-Presse et Blick Wirtschaftsdesk

«Il est temps de partir»: les grandes fortunes de Dubaï cherchent par tous les moyens à quitter ce scintillant paradis fiscal cosmopolite, déboursant parfois des centaines de milliers de dollars pour fuir une guerre régionale dont elles redoutent la durée. Entre le désert et la mer, la ville des Emirats arabes unis attire de longue date les millionnaires, séduits par sa fiscalité avantageuse, sa sécurité et des autorités favorables à l'entrepreneuriat et au commerce.

Mais quand missiles et drones iraniens ont commencé à pleuvoir samedi au-dessus des gratte-ciels, certains ont payé des sommes astronomiques pour s'assurer une voie de sortie. La fermeture de l'aéroport international de Dubaï et l'annulation de milliers de vols ont laissé de nombreux touristes bloqués aux Emirats arabes unis.

Malgré la chaleur écrasante, les plus fortunés ont toutefois trouvé une solution pour quitter le pays: parcourir des heures de route à travers le désert, puis embarquer sur un vol privé à destination de l'Europe. Plusieurs médias internationaux ont évoqué cette «voie d'évasion» en s'appuyant sur les informations publiées par Semafor. Cette plateforme d'information a été fondée par d'anciens journalistes issus notamment du «New York Times» et de Bloomberg.

Six heures de route dans le désert

Certains touristes se rendent à Oman, où l'aéroport de la capitale Mascate est encore en service. «Quand on a vu le feu, on s'est dit 'OK il est temps de partir'», raconte Evrim, résidente turque, en référence à l'incendie survenu dans un hôtel de luxe près de sa maison, sur le célèbre archipel d'îles artificielles The Palm, après la chute d'éclats de missiles.

Evrim, son époux et leurs deux jeunes enfants ont payé 200'000 dollars pour s'envoler du sultanat d'Oman voisin vers Genève, où ils comptent s'installer en attendant la fin de la guerre. La famille ne voulait pas attendre, craignant un enlisement du conflit surtout en cas d'entrée en guerre de l'Arabie saoudite, qui contrôle une grande partie de l'espace aérien régional.

Pour rejoindre Mascate, ils ont conduit pendant six heures à travers le désert. «On était très anxieux», dit-elle à l'AFP. «Surtout pour les enfants, quand ils ont entendu le bruit (des interceptions de missiles, NDLR), ils ont eu peur». Mais tout n'est pas rose une fois arrivé à l'aéroport de Mascate: les touristes font état d'une augmentation des annulations de vol et d'un aéroport complètement saturé.

Un jet pour des centaines de milliers de dollars

Les plus riches, en revanche, empruntent une autre voie, inaccessible au commun des mortels. Leur point de passage: Riyad, la capitale de l'Arabie saoudite. «Des sociétés de sécurité privées auraient loué des flottes entières de véhicules tout-terrain pour assurer les dix heures de trajet entre Dubaï et Riyad, avant d'affréter plusieurs jets privés», rapporte le «Daily Mail».

Selon les médias, la location d'un jet privé peut coûter jusqu'à 350'000 dollars. «Parmi les personnes évacuées se trouvent de hauts représentants de sociétés financières mondiales ainsi que des particuliers fortunés en vacances ou en voyage d'affaires dans la région», rapporte Semafor.

Le «Daily Mail» souligne également que l'Arabie saoudite a récemment assoupli ses règles en matière de visas. Les ressortissants de nombreux pays peuvent désormais en obtenir un à leur arrivée, sans démarche préalable. Une mesure qui rend le royaume particulièrement attractif comme solution de repli en cas d’urgence.

Les moins fortunés ont moins de chance

Pour les plus modestes, la fuite est ardue. Un expatrié britannique, qui a souhaité garder l'anonymat, a confié à l'AFP qu'il lui a été extrêmement difficile de trouver un vol commercial au départ de Mascate pour lui-même, sa femme enceinte et leur fils de trois ans.

«Les prix sont extrêmement élevés et les sièges disparaissent rapidement pendant que vous essayez de réserver», explique-t-il. Ils ont finalement réussi à décrocher un vol pour la ville indienne d'Hyderabad, d'où ils s'envoleront pour la Thaïlande. «Même si mon fils ne comprend pas ce qu'il se passe, cela l'a clairement perturbé et ma femme a également été anxieuse.»

Les Emirats, ciblés selon les autorités par plus de 800 drones et 200 missiles, avec trois morts à déplorer, subissent de plein fouet les frappes iraniennes sur le Golfe, en représailles à la campagne israélo-américaine. Les aéroports et les installations pétrolières, au coeur de l'économie, comptent parmi les cibles touchées. Plusieurs gouvernements étrangers, dont le Royaume-Uni et l'Allemagne, envoient des avions à Oman pour évacuer leurs ressortissants, alors qu'un nombre réduit de vols commerciaux partent des aéroports émiratis.

Cet article a été publié pour la première fois sur Business Insider Polska. La plateforme d'information polonaise appartient, comme Blick, à l'éditeur Ringier.

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