Ses proches s'inquiètent
Le prix Nobel Narges Mohammadi a été transférée de prison

La militante et lauréate du Nobel de la paix Narges Mohammadi a été transférée de prison en Iran sans avertissement. Ce transfert inquiète ses proches, qui dénoncent une tentative de l’isoler.
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La militante et lauréate du Nobel de la paix Narges Mohammadi a été transférée de prison en Iran sans avertissement.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix en détention depuis décembre, a été transférée vers une prison du nord de l'Iran, sans avertissement préalable, a indiqué samedi son mari, alors que ses proches craignent pour sa santé. La militante des droits humains, condamnée à six ans de prison, a été arrêtée le 12 décembre dans la ville de Mashhad (nord-est) avec d'autres militants, après avoir pris la parole lors d'une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort.

Elle se trouvait depuis dans un centre de détention du ministère du Renseignement à Mashhad, où elle n'avait été autorisée à ne passer que deux appels, à un frère en Iran et à son avocat iranien. Elle a été transférée dans une prison de Zanjan, dans le nord du pays, a indiqué samedi sur la plateforme X son mari Taghi Rahmani, sans préciser à quelle date.

«Cette mesure a été prise sans informer sa famille, ni son avocat», a déploré Taghi Rahmani, basé à Paris, estimant qu'elle visait «à exiler Narges». Narges Mohammadi est née en 1972 à Zanjan. Ces 25 dernières années, elle a été à plusieurs reprises jugée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict pour les femmes en Iran.

«Activités de propagande»

Ce mois-ci, elle a mené une grève de la faim d'une semaine pour réclamer le droit de téléphoner et son entourage a alerté sur son état de santé fragile, après son arrestation «violente». En décembre 2024, elle avait été libérée pendant trois semaines pour raisons médicales, liées à «son état physique après l'ablation d'une tumeur et une greffe osseuse», selon son avocat.

La militante a été condamnée début février pour «rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes» et «activités de propagande». Elle a été arrêtée avant le déclenchement du mouvement de contestation réprimé dans le sang par les autorités en janvier. Ses soutiens affirment que l'interdiction de passer des appels est une tentative de la réduire au silence, de crainte qu'elle ne s'exprime sur le mouvement de contestation.

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