«Le président ne conclut pas de mauvais accords»
Vladimir Poutine aurait proposé à Donald Trump de stocker l’uranium iranien

Lors d’un entretien téléphonique avec Poutine, Trump aurait refusé une proposition d’accord nucléaire sensible. Le chef du Kremlin voulait transférer en Russie l’uranium enrichi iranien.
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Vladimir Poutine voulait apparemment stocker en Russie l’uranium enrichi en provenance d’Iran.
Photo: imago/ZUMA Press
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Natalie Zumkeller et Janine Enderli

Lors d’une conversation téléphonique cette semaine entre le président américain Donald Trump et le chef du Kremlin Vladimir Poutine, il aurait été question d’un possible accord nucléaire. Selon plusieurs sources citées par «Axios», Vladimir Poutine aurait proposé à Donald Trump de transférer l’uranium enrichi iranien vers la Russie dans le cadre d’un accord visant à mettre fin à la guerre. Une proposition que le président américain aurait refusée.

Selon le média américain, environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60% se trouveraient actuellement en Iran – une quantité qui pourrait permettre la fabrication d’une dizaine de bombes atomiques. Cet uranium pourrait par ailleurs être transformé en matière utilisable à des fins militaires en l’espace de quelques semaines seulement.

«Ce n’est pas la première fois que cela est proposé»

La sécurisation de l’uranium enrichi constitue l’un des principaux objectifs de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. Mais le président américain ne semble pas vouloir de l’aide de la Russie sur ce dossier. Ce ne serait pourtant pas une première. En 2015 déjà, de l’uranium faiblement enrichi iranien avait été transféré et stocké en Russie. Moscou fait en effet partie des rares pays disposant des capacités techniques nécessaires pour stocker ce type de substances.

Peu avant le déclenchement de la guerre de douze jours entre les alliés américain et israélien et l’Iran, en juin 2025, Vladimir Poutine aurait déjà avancé des propositions similaires. Comme l’explique un responsable américain cité par «Axios», Washington souhaite désormais vérifier lui-même que l’uranium est bien sécurisé.

«Ce n’est pas la première fois que cela est proposé. Cela n’a pas été accepté. La position des Etats-Unis est que nous devons nous assurer que l’uranium est sécurisé», affirme ce responsable. Un accord de coopération avec d’autres Etats n’est toutefois pas totalement exclu. «Le président parle avec tout le monde – Xi Jinping, Vladimir Poutine, les Européens – et il est toujours prêt à trouver un accord. Mais il faut que ce soit un bon accord. Le président ne conclut pas de mauvais accords.»

Pas de transfert volontaire en vue

L’Iran avait déjà refusé auparavant de transférer son uranium. Lors des derniers cycles de négociations précédant le déclenchement de la guerre, la délégation iranienne s’était prononcée en faveur d’une dilution de la substance dans ses propres installations, sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Lors d’une conférence de presse vendredi, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a affirmé que les Etats-Unis disposaient «d’un certain nombre d’options» pour récupérer cet uranium. Un transfert volontaire serait «bienvenue», mais il paraît peu probable. «Ils n’étaient pas prêts à le faire lors des négociations», a-t-il déclaré.

Pete Hegseth a toutefois refusé de détailler les scénarios envisagés. «Je ne dirais jamais à ce groupe ou au monde ce que nous sommes prêts à faire ou jusqu’où nous irions. Mais nous avons certainement des options.» Parmi ces options figure notamment la possibilité de sécuriser les stocks avec des troupes terrestres spécialisées lors d’une «phase ultérieure de la guerre». Comme l’a toutefois expliqué Donald Trump dans une interview accordée à Fox News, la sécurisation de l’uranium n’est pas la priorité absolue dans la situation actuelle. «Nous ne nous concentrons pas sur ce point, mais cela pourrait être le cas à un moment donné.»

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