Viande, essence... et rouge à lèvres
La guerre en Iran fait aussi grimper les prix du rouge à lèvres, de la viande et des smartphones

La hausse du prix de l'essence n'est pas la seule mauvaise surprise pour les ménages. La guerre en Iran renchérit aussi les rouges à lèvres, les smartphones ou encore les produits laitiers.
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Donald Trump a promis «l'enfer» à l'Iran si ce dernier ne lève pas le blocus du détroit d'Ormuz.
Photo: IMAGO/ZUMA Press Wire
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Christian Kolbe

Les Iraniens doivent rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation dans les plus brefs délais, sous peine de lourdes représailles annoncées par Donald Trump. Mais quelle que soit l'issue de cet ultimatum, une réouverture rapide du détroit semble très improbable.

La gravité de la pénurie de pétrole, pilier de l'économie mondiale, se reflète clairement sur les marchés. Habituellement, le WTI américain est moins cher que le Brent, mais pendant la période de Pâques, il a atteint 112 dollars contre 110 dollars, signe d'un impact plus fort que prévu aux Etats-Unis.

La hausse du pétrole brut entraîne une augmentation des prix de nombreux produits, parfois de façon inattendue. Les coûts de l'énergie et de l'essence en pâtissent aussi, d'autant que le détroit d'Ormuz transporte non seulement du brut, mais aussi des carburants raffinés comme le diesel et le kérosène.

Essence

Pendant les vacances de Pâques, le litre d'essence sans plomb 95 le plus cher est resté juste en dessous de 2 francs suisses dans les stations les plus onéreuses. Mais dès ce mardi, la situation pourrait évoluer et le plein devenir encore plus coûteux. 

Mazout et gaz

Le fioul domestique coûte désormais environ deux tiers de plus qu'au début du mois de mars, tandis que le gaz a perdu près de la moitié de sa valeur. Heureusement, avec l'arrivée de l'été, on peut attendre encore un peu avant de remplir la cuve à fioul. La consommation de gaz diminue également, mais les installations de stockage en Europe ne sont remplies qu'au tiers. Il faudra donc acheter du gaz, plus cher, pour se préparer à l'hiver, et cela se répercutera bientôt sur la facture. 

Viande et produits laitiers

Environ un tiers de la production mondiale d'engrais provient du Moyen-Orient. Bien que les agriculteurs suisses aient déjà acheté des engrais pour la saison des semis en cours, ils devront à terme reconstituer leurs stocks, potentiellement à des prix bien plus élevés. 

Cela aura des répercussions sur les prix des produits alimentaires. L'augmentation des coûts de transport et d'énergie, notamment pour la réfrigération, devrait bientôt impacter les prix des produits tels que la viande et le lait.

Smartphones et équipement médical


L'hélium se raréfie, avec de lourdes conséquences pour l'industrie. Issu en grande partie de la production de gaz naturel liquéfié – aujourd’hui fortement perturbée au Qatar après l'attaque de Ras Laffan – il est indispensable au refroidissement, à la fabrication de puces et aux équipements médicaux. Cette tension pourrait provoquer des pénuries de composants électroniques et ainsi faire grimper les prix.

L'hélium sert de fluide de refroidissement dans les appareils d'IRM. Si la pénurie persiste, des difficultés de maintenance et des délais d'attente plus longs pour les examens sont également à prévoir. 

Rouge à lèvres et mascara

La guerre en Iran a aussi des effets directs sur le secteur des cosmétiques. «Nous constatons une hausse des prix liée à l'augmentation des coûts de l'énergie et aux retards d'approvisionnement», a déclaré Simone Dominici, PDG de Kiko, à l'agence Reuters. Le blocage de nombreux conteneurs au Moyen-Orient perturbe le transport des marchandises, ce qui entraîne notamment une hausse des prix des rouges à lèvres et des mascaras. 

S'ajoutent à cela la hausse des prix de certains composants chimiques issus du pétrole brut, ainsi que l'augmentation des coûts d'emballage, notamment pour les pots de crème en plastique.

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