La Cour suprême d'Inde a rejeté lundi la demande de remise en liberté d'un ancien étudiant musulman emprisonné depuis cinq ans sans pr
Aujourd'hui âgé de 38 ans, Umar Khalid avait été arrêté quelques mois après ces manifestations, qui avaient fait 53 morts, en majorité de confession musulmane.
La mobilisation visait une loi votée en 2019 à l'initiative du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi, qui exclue spécifiquement les Musulmans du bénéfice de la citoyenneté indienne accordée aux minorités religieuses persécutées issues de trois pays voisins de l'Inde.
«Dérive du système judiciaire»
Ancien étudiant à la prestigieuse université Jawaharlal Nehru de New Delhi, Umar Khalid a été inculpé pour tentative de meurtre, sédition et incitation à la haine notamment et placé en détention provisoire. Il a toujours nié ces accusations.
La plus haute juridiction indienne a rejeté lundi sa énième demande de remise en liberté, estimant que son «incarcération prolongée» ne la justifiait pas. Elle a rejeté pour les mêmes motifs l'élargissement d'un autre étudiant dans la même situation, Sharjeel Imam, mais ordonné celui de cinq autres détenus dans la même affaire.
En 2022 déjà, Umar Khalid avait publié une lettre ouverte dénonçant son incarcération sans jugement. «Vous pouvez rester en prison pendant des années sans que ceux qui vous accusent aient à prouver quoi que ce soit», avait-il écrit. Amnesty International et six autres ONG de défense des droits humains ont exigé en septembre dernier, cinq ans après son incarcération, sa libération immédiate.
«La persécution prolongée de Khalid illustre la dérive du système judiciaire en Inde et caricature les principes internationaux de respect des droits humains», a regretté Amnesty International.