En bref
- La Syrie va envoyer 3000 soldats en Arabie saoudite et au Yémen, selon des responsables yéménites à l'AFP. Ce déploiement vise à soutenir le gouvernement yéménite et l'Arabie saoudite contre les Houthis pro-iraniens
- Ce plan, approuvé lors de la visite du président syrien à Riyad, prévoit à terme le déploiement de 10'000 militaires syriens. Des troupes syriennes sont déjà présentes à la frontière pour former des forces locales et gérer des opérations de drones
- Depuis octobre 2026, les Houthis mènent des attaques régulières contre les infrastructures saoudiennes. Ils contrôlent aussi une partie du littoral yéménite sur la mer Rouge, menaçant les exportations pétrolières
La Syrie va déployer des milliers de soldats en Arabie saoudite et au Yémen, où certains sont déjà sur place, pour soutenir le gouvernement yéménite et son allié saoudien face aux Houthis pro-iraniens, ont indiqué à l'AFP des responsables yéménites.
Dans ce premier déploiement étranger sur ce front depuis la reprise des hostilités en juillet, Damas va envoyer 3000 militaires pour aider le royaume à «combattre les Houthis», a indiqué à l'AFP une source issue du Conseil de direction présidentiel, la plus haute instance dirigeante du Yémen.
L'arrangement a été approuvé lors de la visite cette semaine à Riyad du président syrien Ahmed al-Chareh, a-t-elle précisé, requérant l'anonymat en raison de la sensibilité du dossier. Sollicité par l'AFP, le ministère de la Défense syrien n'a pas donné suite dans l'immédiat. L'Arabie saoudite n'a pas non plus réagi à cette annonce.
Une source au sein du ministère yéménite de la Défense a confirmé à l'AFP que la première phase du plan prévoyait le déploiement de 3000 militaires syriens, dont des officiers et des experts, sur un total de 10'000 personnels prévus à terme. Selon cette source, des équipes techniques des ministères de la Défense syrien et saoudien sont à Riyad pour finaliser le plan.
Un nouveau front ouvert
Des centaines de soldats syriens sont déjà présents de part et d'autre de la frontière entre le Yémen et le royaume, a ajouté cette source, et trois sources militaires distinctes, toujours sous couvert d'anonymat. Riyad, principal soutien du gouvernement islamiste syrien, tente de mobiliser ses alliés face aux attaques quasi-quotidiennes des Houthis visant depuis octobre ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.
Le mouvement pro-iranien a aussi pris en septembre le contrôle de larges portions du littoral yéménite sur la mer Rouge, menaçant les exportations de la pétromonarchie. Les soldats syriens déjà sur le terrain forment dans le sud du royaume les forces gouvernementales à l'usage de drones, ceux stationnés du côté yéménite dirigeant les opérations de drones contre les Houthis dans la région, a précisé à l'AFP une des sources militaires.
L'allié américain de l'Arabie saoudite a jusque-là décliné ses appels à l'aide, mais l'Égypte s'est récemment engagée à fournir une aide militaire défensive à Riyad, sans en préciser les modalités. La France a elle déployé des effectifs pour protéger le terminal pétrolier saoudien de Yanbu, et Londres a annoncé en octobre le déploiement d'avions de combat pour protéger le territoire saoudien. La guerre au Yémen a éclaté en 2014 avec la prise de la capitale Sanaa par les Houthis , déclenchant en 2015 une intervention militaire menée Riyad. Une trêve avait été conclue en 2022 mais les combats ont repris cet été, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.