Garder le contrôle de la ville
De nouveaux combats ont lieu entre armée syrienne et Kurdes à l’est d’Alep

L'armée syrienne et les forces kurdes se sont affrontées à l’est d’Alep cette nuit. Damas cherche à contrôler cette région après avoir pris la grande ville du nord de la Syrie.
Des soldats de l'armée syrienne lors de l'opération Tel Rifaat, le 1er décembre 2024.
Photo: dia images via Getty Images
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AFP Agence France-Presse

L'armée syrienne et les forces kurdes ont fait état dans la nuit de nouveaux combats à l'est d'Alep, secteur dont Damas veut prendre le contrôle après s'être déjà assuré celui de la grande ville du nord de la Syrie.

Selon une source militaire citée par l'agence officielle Sana, les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes «visent des positions de l'armée et des maisons civiles près du village de Humeima à l'est d'Alep avec des mitrailleuses lourdes et des drones, et l'armée répond».

Les FDS ont pour leur part dit avoir repoussé une «tentative d'infiltration» au niveau du village de Zubayda, un peu plus au sud, et ont par ailleurs fait état de frappes de drones de la part de l'armée qui ont fait «plusieurs blessés». L'armée a exigé mardi que les forces kurdes qui contrôlent l'est d'Alep «se retirent vers l'est de l'Euphrate», le fleuve qui coule dans le nord de la Syrie.

Elle a publié une carte précisant la région qui doit être évacuée et prévenu qu'elle serait considérée comme «une zone militaire fermée». Un correspondant de l'AFP a vu mardi des batteries de défense anti-aérienne et de l'artillerie de l'armée syrienne acheminées vers le front de Deir Hafer, face aux positions des FDS.

«Jolani, dégage»

Mardi, la responsable des relations extérieures de l'administration autonome kurde, Elham Ahmed, avait accusé l'armée syrienne de préparer «une attaque à grande échelle» contre les Kurdes. Elle a accusé les autorités d'avoir «déclaré la guerre» et «rompu l'accord du 10 mars» 2025, visant à une intégration négociée des institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'Etat syrien.

Ces négociations sont dans l'impasse alors que l'administration islamiste du président Ahmad al-Chareh au pouvoir à Damas cherche à reprendre le contrôle de toute la région d'Alep. Dimanche, l'armée a pris le contrôle de l'ensemble de la ville après avoir délogé les combattants kurdes de deux quartiers qu'ils contrôlaient, Cheikh Maqsoud et Achrafieh.

Les Kurdes avaient profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est du pays, notamment après avoir défait le groupe jihadiste Etat islamique avec l'appui d'une coalition multinationale.

Mardi, dans la ville kurde de Qamichli (nord-est), des milliers de manifestants ont dénoncé les combats, scandant «Jolani, dégage!», l'ancien nom de guerre d'Ahmad al-Chareh, un ex-djihadiste dont ils ont brûlé des portraits, selon des correspondants de l'AFP. 

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