Nouvelles attaques dans le Golfe
Bahreïn, le Koweït, le Qatar, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite font face lundi matin à de nouvelles attaques de missiles et de drones. Au Bahreïn, un drone iranien a blessé 32 civils, dont quatre grièvement, selon le ministère de la Santé.
Le ministère saoudien de la Défense a annoncé l'interception de quatre drones qui se dirigeaient vers le gisement de pétrole de Shaybah, dans le sud-est du pays, déjà attaqué dimanche. Le département d'Etat américain a ordonné à tout son personnel diplomatique «non essentiel» en Arabie saoudite de quitter le pays.
Les prix du pétrole s'envolent
Le prix du baril de pétrole frise les 120 dollars lundi, son plus haut niveau depuis l'été 2022 à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI, référence du marché américain, s'est apprécié de 70%, du jamais vu sur une période aussi courte.
Cette flambée est un «tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde», a assuré le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social. L'Iran, dont des sites pétroliers ont été bombardés dimanche pour la première fois depuis le 28 février, a menacé de s'en prendre aux infrastructures pétrolières de la région. «Si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez avec ce jeu», a menacé son armée. Les Bourses de Tokyo, Hong Kong, Séoul et Taipei sont en très forte baisse lundi matin.
Mojtaba Khamenei devient guide suprême de l'Iran
Mojtaba Khamenei, 56 ans, a été choisi par l'Assemblée des experts, collège de 88 membres appartenant au clergé chiite, pour succéder à son père. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de le République islamique, lui ont immédiatement prêté allégeance, de même que les forces armées et la police.
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont salué ce choix, le qualifiant de «coup dur pour les ennemis de la République islamique». Avant même l'annonce du choix du nouveau guide suprême, Donald Trump a prévenu dimanche que le successeur d'Ali Khamenei ne tiendrait «pas longtemps» sans son aval.
Combats au Liban
De violents combats font rage dans la nuit de dimanche à lundi dans l'est du Liban, près de la frontière syrienne, où des troupes israéliennes ont atterri à bord d'hélicoptères, selon l'agence de presse nationale libanaise Ani. Le Hezbollah a dit combattre ces troupes israéliennes, et deux de ses responsables ont affirmé à l'AFP que le mouvement chiite libanais avait abattu un hélicoptère israélien dans la région de la Bekaa, où est situé Nabi Chit.
Un correspondant de l'AFP a entendu une forte explosion lundi à l'aube dans la banlieue sud de Beyrouth. L'armée israélienne a dit avoir frappé des infrastructures du Hezbollah. Le Hezbollah a également dit avoir repoussé à la mitrailleuse et à l'aide de roquettes une incursion israélienne dans le sud du Liban.
Premiers échanges de frappes depuis l'élection du nouveau guide iranien
L'Iran a annoncé avoir lancé ses premières salves de missiles vers Israël depuis que Mojtaba Khamenei a succédé dimanche comme guide suprême à son père, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre. Sur son compte Télégram, la radio-télévision d'Etat Irib a montré le fuselage d'un projectile frappé de l'inscription «sous ton commandement Seyyed Mojtaba», une référence religieuse chiite marquant l'allégeance au nouveau guide.
En Israël, un porte-parole du Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge, a dit qu'une femme avait été légèrement blessée à la tête à la suite de la chute des débris d'un missile intercepté dans la région de Rishon LeZion (centre). L'armée israélienne a dit de son côté lundi matin avoir lancé une nouvelle vague de frappes visant des «infrastructures du régime» au centre de l'Iran.
Macron parle avec Trump et Pezeshkian
Le président français Emmanuel Macron s'est entretenu dimanche avec ses homologues américain Donald Trump et iranien Massoud Pezeshkian, auquel il a dit avoir demandé de cesser les frappes contre les pays du Golfe.
Il s'agit de la première conversation connue entre un dirigeant occidental et le président iranien depuis le début de la guerre. Emmanuel Macron est attendu lundi à Chypre, en Méditerranée orientale, où les Européens renforcent leurs moyens.