Manifestants tabassés
La police française accusée de laisser passer la violence de l'extrême droite

Des violences impliquant des groupes d'extrême droite ont éclaté dans plusieurs villes françaises, dont Nice et Montpellier, samedi 24 octobre. Des vidéos montrent des manifestants attaqués, tandis que l'attitude des forces de l'ordre interroge.
Des vidéos prises en marge des manifestations du 24 octobre interrogent sur la réaction de la police face aux violences en France.
Photo: imago/ABACAPRESS

La France est secouée par le mouvement de contestation porté notamment par les lycéens et les citoyens qui se mobilisent contre la vie chère. Alors que les violences commises par des casseurs, des pilleurs et des «black blocs» ont largement éclipsé les revendications des manifestants dans le débat médiatique et politique, de nouvelles agressions ont été recensées samedi 24 octobre. «Libération» et «Mediapart» attribuent ces attaques à des groupuscules d'extrême droite. Selon les deux médias français, certaines agressions se seraient déroulées sous le regard de policiers, dont la passivité est mise en cause.

Des militants d'extrême droite auraient sévi dans plus d'une quinzaine de villes de l'Hexagone, afin de «s'en prendre à la mouvance de l'ultragauche, comme ils le font habituellement», a commenté le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. A Nice, Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Lyon ou encore Brest, des vidéos montrent des groupes d'individus masqués s'en prendre violemment à des manifestants. «Libération» a notamment publié des images de Nancy, où une trentaine d'agresseurs chargent un cortège en lançant des projectiles, avant de se replier derrière les gendarmes.

Une autre vidéo du média Blast montre ces individus présentés comme des militants d'ultradroite attaquer physiquement des manifestants et en frapper certains au sol. La police serait ensuite intervenue contre les victimes, alors que les agresseurs se cantonnaient derrière le cordon policier.

Un scénario similaire se serait produit à Montpellier, où des membres du groupe Jeunes d'Oc s'en seraient pris à des manifestants avant de se fondre derrière des CRS. Selon «Libération», un homme aurait continué à recevoir des coups au sol, avant d'être interpellé par la police. A Bordeaux, barres de fer et matraques ont servi à violenter deux personnes à terre.

Nice a été le théâtre de violences particulièrement importantes. Des centaines de personnes appartenant à l'extrême droite ont été les auteurs de violences au centre-ville. La Justice a annoncé l'ouverture d'une enquête et onze individus portant des matraques et des gazeuses ont été placés en garde à vue.

Laurent Nuñez défend la police

«On ne protège personne», s'est défendu lundi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, accusé par LFI d'avoir favorisé des groupes d'ultradroite en marge de rassemblements samedi. Des appels sur les réseaux sociaux ont été détectés émanant «de nombreuses mouvances d'ultradroite», de personnes de «la mouvance identitaire» et «de nationalistes également, qui voulaient descendre dans les centres-villes pour protéger les commerces» lors de la mobilisation sociale samedi, a expliqué le ministre sur RMC/BFMTV.

«Les policiers ont pu constater des affrontements auxquels ils ont mis un terme. Je veux couper court à ces rumeurs: à aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés. A aucun moment, ils n'ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes», a affirmé le ministre. Sur X, les députés LFI Manuel Bompard et Thomas Portes ont accusé les autorités d'avoir laissé «les fascistes (...) se balader en ville armés de couteaux et de barres de fer pour agresser des passants» à Nice et d'avoir «protégé les milices d'extrême droite ce week-end».

«Non, on ne protège personne, certainement pas», s'est agacé Laurent Nuñez. Policiers et gendarmes «sont intervenus à de nombreuses reprises pour disperser, empêcher les affrontements entre l'ultragauche et l'ultradroite», a-t-il relaté. Le ministre a promis «des suites» judiciaires et administratives.

«Ils se sont constitués dans ce qu'on appelle un groupe de combat, ou à tout le moins un groupe constitué en vue de commettre des violences» donc «ça relève peut-être d'incrimination pénale» et «il y a des polices administratives qui s'appliquent, notamment des possibilités de dissoudre ces groupes, s'ils se sont vraiment, et ça semble être le cas, constitués en groupes de combat». Et s'il s'agit de groupes dissous dans le passé, «on les poursuivra au pénal pour reconstitution de ligue dissoute», a prévenu le ministre.

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