En France, 17% des fumeurs reconnaissent jeter leur mégot par la fenêtre de leur véhicule lorsqu'ils sont sur l'autoroute, selon un sondage Ipsos BVA pour la Fondation Vinci Autoroutes publié vendredi, alors que le pays est toujours confronté à de violents incendies.
Malgré une amélioration, notamment en Gironde, le risque d'incendies reste «extrêmement important», a prévenu jeudi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, en précisant que les plus de 14'000 feux recensés depuis le début de la saison avaient déjà brûlé 117'000 hectares.
Alors que ces chiffres rappellent crûment «les conséquences potentiellement dramatiques d'un simple acte de négligence, comme le jet d'un mégot de cigarette», la fondation d'entreprise du concessionnaire autoroutier dénonce ces comportements «alarmants», dans sa 12e étude estivale sur la façon dont les Français gèrent leurs déchets sur la route des vacances.
Prise de conscience
Pourtant, la prise de conscience sur la dangerosité de ce geste progresse et 87% des Français considèrent que le jet de mégot par la fenêtre d'un véhicule «présente un risque majeur de déclencher un incendie».
Selon cette enquête menée en ligne du 19 au 23 juin auprès de 2279 personnes, un échantillon établi selon la méthode des quotas pour être représentatif de la population française de 16 à 75 ans, les Français sont aussi de plus en plus sensibilisés aux feux de forêt.
Un tiers d'entre eux (33%) déclarent avoir déjà été affectés, directement ou indirectement, par un incendie de forêt et 60% jugent probable qu'ils en subiront les conséquences dans les années à venir.
Jusqu'à dix ans d'emprisonnement
La loi française n'interdit pas de fumer en voiture, sauf si un mineur est à bord ou si le fait de tenir une cigarette dans la main empêche le conducteur «d'avoir une conduite en toute sécurité».
En revanche, depuis 2023, il est interdit de fumer en forêt pendant la période à risque d'incendies et le jet d'un mégot à l'origine d'un incendie involontaire peut être puni pénalement, jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150'000 euros d'amende dans les cas les plus graves ayant entraîné la mort d'une ou plusieurs personnes.
Selon les ministères de l'Intérieur et de la Transition écologique, 90% des feux de forêt sont d'origine humaine et plus de la moitié d'entre eux sont dus à des imprudences ou des comportements dangereux.