En bref
- Les démocrates ont remporté mardi les postes de gouverneur et les deux chambres des parlements dans cinq États pivots
- Ils pourraient remplacer le Collège électoral par une élection populaire à l’échelle nationale avant l’élection de 2028
- La concrétisation dépend des États ; le gouverneur du Nevada s’était autrefois opposé à une élection populaire
Un nouveau système électoral pour les Etats-Unis? Les succès des démocrates au niveau local pourraient bien bousculer les règles du jeu électoral outre-Atlantique. L'objectif, révélé par le média Axios: supprimer purement et simplement le fameux «Electoral College» (collège électoral), cette institution qui désigne traditionnellement le locataire de la Maison Blanche.
L'explication est avant tout mathématique. Lors des scrutins, le camp démocrate a raflé la mise dans cinq États cruciaux. Résultat, le parti contrôle désormais les postes de gouverneurs et les parlements locaux en Pennsylvanie, au Michigan, en Arizona, au Wisconsin et dans le Nevada. Sur le papier, ce basculement offre suffisamment de voix pour transformer le système en un vote purement populaire (le «popular vote») d'ici l'élection de 2028.
Bush et Trump ont gagné grâce aux grands électeurs
Pour les démocrates, la suppression du système des grands électeurs serait une immense chance: Al Gore (en 2000 face à George W. Bush) comme Hillary Clinton (en 2016 face à Donald Trump) ont été battus par leurs adversaires républicains malgré une majorité des voix. Ce sont uniquement les grands électeurs qui ont fait pencher la balance en faveur de Bush et de Trump.
Cette possibilité existe parce que la plupart des Etats attribuent la totalité de leurs voix de grands électeurs au candidat arrivé en tête dans l’Etat, même lorsque son avance est minime. Plusieurs Etats démocrates se sont donc fixé pour objectif de supprimer ce système.
Tous les Etats démocrates n’en profiteraient pas
Après la vague bleue, la suppression du Collège électoral serait possible sans modification de la Constitution. La question de savoir si elle se concrétisera dépend toutefois de chaque Etat.
Et la partie est loin d'être gagnée. Par le passé, le gouverneur du Nevada – pourtant démocrate à l'époque – s'était fermement opposé au passage au suffrage universel direct. Sa crainte? Qu'une telle réforme ne réduise drastiquement le poids et l'influence de son propre Etat dans la course à la présidence.