Il a aussi orchestré l'enlèvement de Mia depuis la Malaisie
Sept ans de prison requis contre Rémy Daillet, soupçonné d’avoir préparé un coup d’Etat

Sept ans de prison requis contre Rémy Daillet: le parquet antiterroriste voit en lui le chef d’un réseau d’ultradroite passé des vidéos complotistes à l’enlèvement de Mia et à des projets violents.
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Une peine de sept ans de prison, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, a été requise mardi à Paris contre Rémy Daillet, l'instigateur de l'enlèvement de la petite Mia en 2021.
Photo: REMY GABALDA
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AFP Agence France-Presse

Une peine de sept ans de prison, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, a été requise mardi à Paris contre Rémy Daillet, l'instigateur de l'enlèvement de la petite Mia en 2021, également soupçonné d'avoir fomenté un coup d'Etat à la tête d'un groupuscule d'ultradroite.

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a réclamé des peines allant d'un an avec sursis simple à cinq ans ferme avec mandat de dépôt à l'encontre de ses 14 coprévenus, poursuivis notamment pour association de malfaiteurs terroriste ou encore soustraction de mineur. Une peine de trois ans de prison dont 19 mois avec sursis a été demandée contre la mère de la fillette enlevée, Lola M., qui a quitté la salle avant la fin des réquisitions.

Les plus proches lieutenants de Rémy Daillet, Christophe M. et Sylvain P., responsables de la branche militaire du mouvement, voient des peines de quatre et cinq ans ferme avec mandat de dépôt requises à leur encontre. Pour les autres prévenus, les peines demandées sont aménageables sous bracelet électronique.

Un large réseau clandestin d'ultradroite

Dans un réquisitoire de plus de quatre heures, le Pnat a cherché à démontrer la structuration de ce réseau clandestin d'ultradroite, né du «basculement» derrière leur écran de 14 personnes happées par les vidéos de Rémy Daillet, qui a fait preuve d'une «manipulation stupéfiante à distance» pendant la crise sanitaire de 2020.

Tous ont adhéré à une «idéologie violente» dont les «actes préparatoires» étaient destinés à «créer la terreur» et la «soumission aux idées du mouvement», ont résumé à deux voix, Alice Dubernet et Hüseyin Uludag.

Le projet «Azur»

Ce dossier, présenté comme celui d'"un terrorisme d'extrême droite» en raison de l'idéologie antisémite et raciste de plusieurs prévenus, est «plus compliqué que ça», a toutefois nuancé le parquet, qui les a décrits comme un ensemble «hétérogène» acquis à un «délire complotiste».

«Si la finalité du projet Azur (de renversement de l'Etat, NDLR) a pu apparaître fantasmée avec un jour J (...), les actes préparatoires (...) ne le sont pas», a encore estimé le parquet antiterroriste qui a cité les listes de personnalités, juives notamment, considérées comme «des nuisibles à épurer», la destruction d'antennes 5G, le projet de faire sauter des centres de vaccination ou encore l'enlèvement de Mia, en 2021.

Pour «aguerrir ses troupes et assurer la publicité de son mouvement», résume le Pnat, Rémy Daillet a théorisé depuis la Malaisie où il était expatrié avec femme et enfants, le rapt d'enfants placés à l'Aide sociale à l'enfance, sous couvert de «restitution» aux parents. Plusieurs prévenus sont alors persuadés de l'existence de «réseaux pédocriminels qui gangrènent les foyers de l'Aide à l'enfance», tout comme la mère de Mia, «antivax», et «incapable de prendre conscience de sa propre toxicité pour sa fille», selon l'accusation.

Le procès doit s'achever vendredi avec les plaidoiries de la défense. La décision sera mise en délibéré.

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