Un homme condamné
En Espagne, faire un baise-main de force est une agression sexuelle

Le Tribunal suprême espagnol juge qu'un baise-main non consenti constitue une agression sexuelle. Il confirme la condamnation d'un homme pour des attouchements sur une femme à un arrêt de bus.
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Le Tribunal suprême espagnol juge qu'un baise-main non consenti est une agression sexuelle. (Image prétexte)
Photo: Shutterstock
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AFP Agence France-Presse

Faire un baise-main à une personne sans son consentement relève de l'agression sexuelle et non du simple harcèlement de rue, a tranché le Tribunal suprême espagnol dans une décision consultée lundi par l'AFP. La décision de la plus haute juridiction espagnole a confirmé la condamnation d'un homme pour agression sexuelle après des attouchements non consentis sur une femme à un arrêt de bus.

La défense de l'accusé souhaitait requalifier les faits en simple «harcèlement de rue», mais les magistrats ont estimé que tout contact physique à connotation sexuelle outrepassait cette catégorie et qu'il devrait bien s'acquitter de l'amende de 1620 euros prévue dans sa première condamnation.

Pour eux, il ne s'agissait pas d'un «simple geste consistant à lui prendre la main (...) le requérant a agi avec l'intention de porter atteinte à son intégrité sexuelle: il lui a pris la main en la lui embrassant, tout en lui demandant par des gestes de l'accompagner en lui offrant de l'argent, et ce à deux reprises».

«Il y a donc eu un acte d'agression sexuelle dans la mesure où l'action décrit un contact de nature et à tonalité sexuelles que la victime n'avait aucune obligation de supporter, avec un contenu clairement sexuel et une atteinte à la victime en la réduisant à un objet», poursuit le jugement.

Affaire du «baiser forcé»

Le Tribunal considère que le fait de prendre la main d'une femme et de l'embrasser sans son consentement, dans un contexte où l'auteur exprime une intention sexuelle (comme proposer de l'argent pour l'accompagner), est une imposition de la volonté de l'auteur sur la liberté sexuelle de la victime.

L'Espagne, à l'avant-garde dans la lutte contre la violence sexiste, a fait voter en 2004 une loi pionnière en Europe contre les violences faites aux femmes. En 2025, l'affaire dite «du baiser forcé» avait vu l'ex-homme fort du football national, le président de la Fédération espagnole de football Luis Rubiales, condamné pour agression sexuelle pour un baiser imposé à la joueuse Jenni Hermoso lors de la victoire de l'Espagne en finale du Mondial féminin à Sydney en août 2023.

Le scandale de ce baiser par surprise sur la bouche de l'attaquante avait eu une répercussion mondiale, et Luis Rubiales, contraint à la démission, avait été condamné à une amende de 10'800 euros.

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