Plus de 1000 personnes tirent un château historique pour le remettre en place
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Oh hisse!Plus de 1000 personnes tirent un château historique pour le remettre en place

«Déplacer une montagne»
Un château japonais de 400 tonnes remis à sa place à la force des bras

Au Japon, 4'000 personnes ont uni leurs forces pour déplacer le château d'Hirosaki, une structure de 400 tonnes, jusqu'à sa position d'origine après une restauration commencée en 2015.
Après des travaux de rénovation, le château d'Hirosaki va retrouver sa place d'origine.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Arc-boutés en tirant sur d'énormes cordes, des centaines de personnes ont entrepris mercredi de déplacer un bâtiment de 400 tonnes du château d'Hirosaki, au nord du Japon, pour le ramener à sa position initiale après plusieurs années de travaux. L'imposante structure de bois de trois étages datant de 1611, tour principale du monument historique classé par le gouvernement nippon, avait été déplacée en 2015 de 80 mètres pour permettre de réparer le soutènement de pierre de l'édifice, qui menaçait de s'effondrer.

4000 personnes se sont relayées pour déplacer le mastodonte.
Photo: AFP

Les ingénieurs avaient alors choisi de déplacer le monument sans le démonter, le hissant d'une seule pièce sur des rails métalliques vers une esplanade temporaire, tandis que les fondations de la forteresse étaient minutieusement reconstruites. Depuis samedi dernier, des groupes d'environ 80 personnes se relaient pour faire progresser la tour de quelques précieux centimètres à la fois. Les responsables locaux estiment qu'environ 4000 personnes en tout ont participé à cet exercice de tir à la corde, permettant une avancée de près de 5 mètres.

Installation définitive en novembre

«C'est comme si on essayait de déplacer une montagne», sourit Takahiro Kogawa, un habitant d'Hirosaki de 56 ans interrogé par l'AFP, le front encore perlant de sueur après ses quelques minutes d'effort intense. Azusa Nimiya, une passionnée d'histoire et de châteaux de 46 ans, avait fait le déplacement depuis Shimane, quasiment à l'autre extrémité de l'île principale du Japon, pour apporter sa pierre à cette glorieuse entreprise. «C'est l'expérience d'une vie, un souvenir précieux et unique», se réjouit-elle.

L'édifice ne fera qu'une petite partie du trajet tiré à la force des bras.
Photo: AFP

La municipalité déploiera en septembre de lourds engins pour terminer le trajet, visant une installation définitive en novembre. Après des restaurations complémentaires de la toiture en cuivre et des façades, la réouverture complète au public de ce chef-d'œuvre de l'époque d'Edo (1603-1868) est programmée pour 2033.

Faire l'expérience de l'histoire physiquement

En ouvrant le projet au public, «nous souhaitions que tout le monde puisse faire l'expérience de l'histoire physiquement (...) C'est extrêmement significatif pour transmettre l'histoire de Hirosaki aux générations futures», estime Kensuke Hayasaka, le responsable du projet de restauration. La tour avait été détruite par la foudre au XVIIe siècle, et reconstruite au début du XIXe siècle. Mais quelques décennies plus tard les fondations en pierre menaçaient de s'effondrer, obligeant à déplacer la tour une première fois, celle-ci ayant retrouvé sa position en 1915.

Cette opération de traction humaine de grande envergure, baptisée hikiya, «est une technique traditionnelle de déplacement de structures existant au Japon depuis l'Antiquité», explique Kensuke Hayasaka. «Notre objectif est de transmettre ce patrimoine unique, tout en veillant à sceller la tour principale sur son socle avant l'arrivée des premières neiges», abondantes en hiver dans cette région septentrionale. «Voir que toutes ces discussions et les méthodes imaginées par nos prédécesseurs et nos équipes se concrétisent enfin cette année est extrêmement émouvant. On ressent un profond sentiment d'accomplissement», ajoute-t-il.

Parmi les tireurs déployant le plus d'ardeur, Katsumi Terada, 82 ans, deux drapeaux japonais glissés dans le bandeau autour de sa tête, raconte avoir déjà participé aux efforts de traction de l'édifice il y a 11 ans. «Je me demandais alors avec un peu d'anxiété si je serais encore de ce monde pour le voir retourner sur sa base. Mais regardez, j'ai tenu bon, je suis bien vivant et en pleine forme.»

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