Le ministre danois de la Défense, Jeppe Bruus, a fait une annonce particulièrement remarquée jeudi. Pour la première fois, le Danemark investit dans sa propre sécurité en commandant des missiles de croisière à longue portée.
Ces nouveaux armements permettraient notamment au pays de riposter en cas d’attaque, y compris «derrière les lignes ennemies», selon le ministre, cité par l’agence de presse Reuters. «Nous nous trouvons dans une situation sécuritaire grave et qui se détériore», a averti Jeppe Bruus.
«Conséquences catastrophiques»
Le gouvernement danois prévoit d’acquérir des missiles de croisière Anthem, fabriqués en Allemagne par l’entreprise d’armement américaine Covenant. Copenhague souhaite également équiper ses avions de combat F-35 de missiles Joint Strike, conçus par le groupe norvégien Kongsberg. Le ministre de la Défense n’a toutefois communiqué aucun détail sur les quantités commandées, le coût de l’opération ou les délais de livraison.
La réaction de Moscou ne s’est pas fait attendre. Peu après la conférence de presse, l’ambassade de Russie au Danemark a accusé le pays de préparer une confrontation avec le Kremlin et mis en garde contre d’«inévitables conséquences catastrophiques».
«Illusion dangereuse»
Interrogé par l’Agence France-Presse, l’ambassadeur russe au Danemark, Vladimir Barbin, a vivement critiqué cette décision. «Copenhague se laisse séduire par l’illusion dangereuse selon laquelle l’acquisition d’armes offensives de haute précision et à longue portée, destinées à représenter une menace militaire pour une puissance nucléaire, contribuerait au renforcement de la sécurité et de la défense du Danemark», a-t-il déclaré.
Cette annonce n’est toutefois pas une surprise totale. En septembre 2025 déjà, le Danemark avait fait part de son intention de se doter de missiles de précision à longue portée.