Un outil chinois de cybersécurité basé sur l'IA, appelé Artex, a été utilisé dans une série de piratages récents visant des entreprises japonaises, a indiqué mardi la filiale d'un grand groupe internet basé à Tokyo.
Des dizaines d'entreprises japonaises, allant de chaînes de restaurants à un opérateur de location de voitures, ont révélé ces dernières semaines avoir repéré des accès non autorisés ou des violations de données touchant potentiellement des millions de clients.
La branche sécurité informatique de GMO Internet Group a déclaré avoir «confirmé l'utilisation d'Artex», après avoir enquêté sur les attaques en collaboration avec des organisations externes. «Il est également apparu clairement (...) que les attaques ciblaient presque exclusivement le Japon», a écrit Daiki Fukumori de GMO sur le blog de l'entreprise.
Tests de sécurité
La capacité de l'IA à trouver des moyens auparavant inconnus de pirater des systèmes informatiques est au centre de l'attention mondiale, les principaux groupes d'IA publiant des modèles toujours plus avancés.
Artex a été conçu pour aider les organisations à renforcer leurs défenses informatiques grâce à des tests de sécurité alimentés par l'IA, afin de détecter d'éventuels points faibles, selon son développeur.
Cet outil chinois a cessé, ce mois-ci, de permettre aux programmeurs d'accéder à son code source, reconnaissant un usage abusif par des «acteurs malveillants», après que la Corée du Sud l'a relié à plusieurs piratages d'institutions financières.
Six serveurs concernés
L'utilisation d'Artex à des fins de cyberattaque est «totalement contraire» aux intentions du développeur, avait souligné celui-ci, «Autumn-27», dans un communiqué, ajoutant que «le projet Artex ne sera plus mis à jour et passera en code fermé».
Fukumori a expliqué que la filiale de GMO avait identifié six serveurs internet lançant des attaques alimentées par l'IA. Chaque serveur était grossièrement catégorisé par secteur, comme la finance, le commerce en ligne et la logistique, a-t-il ajouté, sans préciser où ces serveurs étaient situés ni qui était susceptible de les exploiter.
«Afin de prévenir d'autres dommages, nous avons partagé ces informations avec les autorités», a indiqué Fukumori sur le site de GMO. Le gouvernement japonais a appelé les entreprises à renforcer leurs défenses informatiques.