Les autorités chinoises chargées de la lutte anticorruption au sein de l'Etat-Parti ont sanctionné près de 8 millions de personnes depuis que Xi Jinping est arrivé au pouvoir en 2012, a déclaré vendredi un haut responsable. Le président chinois est l'initiateur de cette campagne.
Cette annonce intervient au lendemain de la clôture d'une importante réunion du Parti communiste chinois (PCC) qui a acté l'exclusion de 33 personnalités politiques, dont Zhang Youxia, l'ex-général le plus haut gradé du pays. Depuis son arrivée au pouvoir, le président chinois Xi Jinping mène une lutte acharnée contre la corruption, un fléau qui gangrène depuis des décennies les sphères politiques et économiques.
Cette campagne a entraîné la mise en cause de millions de personnes à différents niveaux hiérarchiques, l'éviction de dizaines de responsables du puissant Comité central du PCC, qui comprend près de 300 membres, et la chute de nombreux hauts gradés de l'armée.
Les organes anticorruption ont sanctionné au total 7,9 millions de personnes depuis 2012, a déclaré vendredi à Pékin lors d'une conférence de presse Zhang Fuhai, secrétaire adjoint de la Commission centrale de contrôle de la discipline (CCDI). Les partisans de cette campagne estiment qu'elle favorise une gouvernance intègre.
Rivaux politiques écartés
Des analystes estiment que ces évictions visent également à écarter des rivaux politiques de Xi Jinping et préparer le terrain pour une prolongation de son mandat lors du prochain congrès du PCC, prévu au second semestre 2027.
Le PCC a éliminé ces dernières années «de graves dangers cachés au sein du Parti, de l'Etat et de l'armée» et est animé par la conviction qu'il vaut «mieux offenser des milliers de personnes (les personnes tombées pour corruption, NDLR) que de décevoir les 1,4 milliard de Chinois», a déclaré vendredi Zhang Fuhai.
La session plénière (plénum) du Comité central, qui s'est achevée jeudi à Pékin, a adopté une décision visant à «approfondir la gouvernance intégrale et rigoureuse du Parti», notamment en intensifiant la lutte anticorruption.
«Nous donnerons la priorité aux enquêtes sur les affaires mêlant problèmes politiques et économiques, sur les collusions entre les autorités et les entreprises, ainsi que sur l'infiltration du capital dans la sphère politique», a affirmé Zhang Fuhai.
Le plénum a également été marqué par la promotion au Politburo, l'une des plus hautes instances dirigeantes du PCC, de Zhang Shengmin, fer de lance de la campagne anticorruption au sein de l'armée.