Les 25 milliards de dollars qu'a déjà coûté la guerre en Iran aux Etats-Unis correspondent à l'intégralité du plan humanitaire de l'ONU pour 2026, visant à apporter une aide vitale à 87 millions de personnes, a déclaré jeudi à l'AFP son chef des opérations humanitaires.
Interrogé mercredi sur le coût de la guerre en Iran, lancée par une offensive contre Téhéran le 28 février des Etats-Unis et Israël, le Pentagone l'a évalué jusqu'à présent à 25 milliards de dollars, «la plupart en munitions». L'ONU demande 23 milliards de dollars pour son plan humanitaire 2026, pour l'instant financé à hauteur de 28%.
«Je sais ce que nous pourrions faire avec 25 milliards», a déclaré le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher. «Avec cet argent, nous pourrions apporter une aide vitale à 87 millions de personnes». Vingt-trois milliards de dollars représentent en outre «moins de 1% des dépenses mondiales consacrées aux armes et à la défense l'année prochaine», a-t-il souligné lors d'un entretien par visioconférence depuis Mogadiscio.
Cocktail explosif en Somalie
L'humanitaire vient d'achever une visite de plusieurs jours «très difficile» en Somalie, qui subit les coupes dans l'aide internationale. Trois saisons des pluies sans précipitations consécutives ont déplacé plus de 300'000 personnes depuis janvier dans le pays, estime l'ONU. Le pays a également été touché par la guerre en Iran, principalement en raison de la flambée des coûts des carburants qui a fait exploser le coût de la vie.
«Tous ces facteurs réunis forment un cocktail explosif», a déploré Tom Fletcher. En Somalie, quelque 6,5 millions de personnes, soit un habitant sur trois, n'ont selon l'ONU pas accès régulièrement à une nourriture suffisante. Un demi-million d'enfants souffrent de «malnutrition aiguë sévère», a souligné Tom Fletcher.
Des centaines de centres de santé ont dû fermer, et des médecins ont indiqué que le risque de décès était sept fois plus élevé en raison de l'éloignement des centres. «C'est tout simplement catastrophique», a-t-il ajouté. Plus de 300 millions de personnes avaient un besoin urgent d'aide à travers le monde, selon Tom Fletcher, mais son organisation a été contrainte de prioriser 87 millions d'entre elles en raison des restrictions budgétaires.
Faute de financement, «des centaines de millions de vies seront perdues au fil des ans», a-t-il affirmé. L'aide internationale a enregistré un recul historique en 2025, tiré par la décision du président américain Donald Trump de démanteler l'Agence américaine pour le Développement international (USAID), dotée d'un budget annuel de 40 milliards de dollars.